Lettre d’un citoyen ordinaire au président de la république monsieur Macron

La colère en Gilet Jaune

Lettre d’un citoyen ordinaire, ces Gens qui ne sont rien

 

Monsieur le président,

Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps, entre deux voyages à l’étranger, pendant ce temps la France est en souffrance.

Je suis de ceux que vous appelez la France laborieuse, ces gens qui ne sont rien !
Pourtant, bien avant que vous n’en faisiez la remarque, j’ai traversé la rue, et même fait des kilomètres pour retrouver un travail, après que les élites qui vous ont précédé aient décidé la fermeture de l’entreprise ou je travaillais.

Sachez qu’être chômeur, n’est pas une volonté, mais le résultat des optimisations financières et fiscales de vos amis les premiers de cordée
Ces premiers de cordée qui n’en n’ont jamais assez et pleurent quand l’un d’entre eux se fait attrapé ailleurs qu’en France …

Vous dites vous-même être entré par effraction dans l’arène politique, ce n’est pas tout à fait exact.
C’est soutenu par la Finance internationale que vous avez fait main basse sur les institutions, bien aidé en cela par les socialistes qui ont trahit les gens qui leur avaient fait confiance.

Vous prétendez que les gaulois sont réfractaires au changement
Permettez-moi de vous demandez ou est le changement dont vous parler ?
Depuis votre « victoire » aux élections présidentielle de 2017, qu’avez-vous fait ?
Votre politique est tout le contraire du changement, c’est une accélération de la même politique suivie ces 30 dernières années.

C’est la politique des 3 P et des 3 R
Oui monsieur le président, votre politique c’est :
Piquer dans les Poches des Pauvres, pour Rendre les Riches encore plus Riches.

Seulement monsieur le président vous et vos amis les premiers de cordées de la finance, avez oublié un paramètre :
Les Gens !!!
Et oui, une nation est constituée de personnes communément appelées les Gens et non les pauv’cons, les sans dents, ou les gens qui ne sont rien.

Ce sont les Gens tout simplement.
Ces Gens contrairement à ce que prétendent certains de vos conseillers, ne sont pas jaloux de la réussite de ceux appelés les premiers de cordée, car ils y participent.

Ce que veulent les Gens, puisque vos conseillers semblent l’ignorer, je vais vous le révéler :
Les Gens veulent vivre dignement, dans une société, ou chacun aura sa place sa place sans envier celle de l’autre.

Sur le fronton de nos mairies, est écrit :
Liberté Egalité Fraternité.

C’est votre devoir, monsieur le président de préserver l’unité de notre beau pays, et de faire que la liberté soit préservée, et que les chances soit égales.

L’insurrection d’aujourd’hui, est le résultat d’années de mépris d’injustices, de précarités, du retrait de l’état protecteur, et du piétinement d’un peuple en souffrance.

Vos conseillers ont cru bon d’ajouter une nouvelle gabelle et une nouvelle dime à ces Gueux, qui ne sont Rien.

Mais la coupe était déjà pleine, cela je vous le répète vos conseillers trop avisés à lorgner le tonneau qui leur sert de verre, trop peu plein, n’ont pas vus que le petit vase des Gens était déjà plein.

Alors oui, la colère explose
Pourquoi, mais pour une raison fort simple monsieur le président :
Vous êtes devant des Gens qui n’ont plus rien
Les Gens n’ayant plus rien, que peuvent-ils perdre ?
Rien monsieur le président, les Gens n’ont plus rien à perdre, ils ont subit durant des années, ils ont perdu l’espoir …

Cet espoir d’un monde meilleur, autrefois, le symbole de la société occidentale, a totalement disparu dans le mondialisme actuel, mais ils leur restaient une chose que vos conseillers, monsieur le président, ne vous ont pas rapporté :
La dignité.

La majorité des Gens, hier silencieuse, n’en peut plus
Devant le mépris, le refus d’écouter leur appel au secours, il aura fallu une goutte d’eau, ou plutôt une goutte de gas-oil pour que la colère explose.

Et ce ne sont plus les intimidations, les menaces, les envois de force de l’ordre, qui semblent aujourd’hui être le bras armé d’un pouvoir aux abois, les condamnations en justice, totalement démesurées par rapports aux exactions des délinquants en cols blancs qui eux ne sont jamais ou si peu condamnés, ou autre manipulations médiatiques qui les feront reculer

Oui, monsieur le président, j’ai bien dit insurrection,
Car c’est bien de cela qu’il est question aujourd’hui.
Ce n’est plus une simple manifestation qui consistait à faire le tour de trois pâtés de maisons puis de rentrer calmement chacun chez soi quand vous aviez la chance de posséder un foyer.

Les corps intermédiaires, l’opposition politique, que vos conseillers, vos prédécesseurs et les médias ont à longueur d’années dénigrés, se retrouvent comme vous totalement dépassés par la colère venue du plus profond de la France d’en Bas qui hier vous était invisible.

Aujourd’hui, drapée de son Gilet Jaune, cette colère explose sur le devant de la scène
Mais ce n’est pas par plaisir que le peuple est dans la rue.
Avec leur Gilet Jaune les Gens sont tout à coup visibles et ils se rendent comptent qu’ils ne sont pas seuls dans la galère.

Ceux, qui hier n’étaient rien, seul dans leur coin, sont tout à coup une masse si énorme et si visible avec leur Gilet Jaune qu’il est impossible de ne pas les voir, même si certaines élites s’obstinent à vouloir les traiter de fainéants, de casseurs parce que certains débordements ont eu lieu.

Alors, monsieur le président, permettez moi de vous adresser en mon nom propre, cet appel du cœur d’un citoyen qui ne veut pas voir son pays sombrer dans le chaos.

Vous avez dit que la menace populiste explose en Europe, et bien cherchez donc pourquoi les Gens cherchent ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus dans la société aujourd’hui.

Vous voulez entrer dans l’histoire, alors prenez la bonne porte.
Deux solutions s’offrent à vous :

Garder le cap comme le répètent à longueur de journées vos conseillers, et ainsi aller tout droit vers l’abime qui mènera l’Europe une nouvelle fois à feu et à sang.
Dans les livres d’histoire, vous en serez tenu pour seul responsable et la honte s’abattra sur votre nom pour des décennies.

Mais une autre option s’offre à vous :
Vous êtes selon les dires une personne très intelligente
Alors pourquoi ne pas reconnaître que le cap suivit n’était pas le bon.

Ne laissez pas la colère être reprise par des idées nauséabondes aux relents de nationalisme exacerbé, qui mèneront à la guerre.

Prenez note de ces paroles de préfets :
« L’élite tremble devant la colère d’un peuple méprisé depuis des années par les élites parisiennes »
« Ce qui se passe est le fruit d’années de fragmentation de la société française, pour l’heure, la réponse de l’exécutif est à côté de la plaque. »
« Je suis très inquiet car le pouvoir est dans une bulle technocratique, l’exécutif est coupés de la France des braves gens qui n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. »
« Le pouvoir n’a aucun code et aucun capteur. Nous, les préfets, pourrions leur donner des éléments mais l’exécutif ne nous demande rien.
Quand l’exécutif vient sur le terrain, c’est paré de son arrogance parisienne. »

 

Monsieur le président, convoquez immédiatement des états généraux, avec toutes les parties prenantes de la société, à égalité de parole.
Et surtout, venez écouter les Gens et vous vous rendrez compte qu’ils ne demandent pas à être calife à la place du calife, mais les Gens veulent simplement vivre dignement et non survivre.

La balle est dans votre camp, ne jouez pas avec la colère, en exacerbant les divisions, qui ne mèneront à rien

Vous en avez le pouvoir, vous en avez le devoir monsieur le président, sachez saisir l’instant pour que cette insurrection, ne devienne pas une révolution, avec les désastres que cela amènerait.
En prenant cette nouvelle direction vous entrerez dans le panthéon des grandes personnalités de ce monde, en montrant que le destin de la nation vous importe, et vous entrerez dans les livres d’histoire par la grande porte.

Monsieur le président, je ne sais si je serais entendu, mais je vous en conjure, agissez dans l’intérêt de toutes et tous, pour que la France redeviennent la patrie des droits de l’homme et de la femme bien sur, ou il fait bon vivre.

Un dernier message monsieur le président, souvenez-vous de cette phrase :
"Rien n'est plus puissant qu'une idée dont l'heure est venue."

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