Tenir bon la grève

La grève, c’est pas ça qu’il faut faire. Mais tant pis, faut la faire quand même. Pour dire non. Pour dire « casse-toi pauvre con ! ». Pour dire qu’il y en a marre d’être gouvernés. Et par des cons. Maintenant, avec un con pareil aux manettes, article 2 : quand le chef a raison, c’est l’article 1 qui s’applique. (article 1 ? Le chef a toujours tort.)

Ce qu’il faudrait faire, c’est la grève : des transports (marcher, bicycler, covoiturer.). De le surbouffe (pattes, œufs, légumes et fruits, thé et vin.) De la soumission (travailler pour des armes, pour des cons, des salauds, des produits polluants, des produits absurdes, des produits toxiques, des produits dangereux). De la publicité.

Et plein d’autres choses auxquelles je pense pas mais que je sais.

Démerdons-nous sans fric. Enfin, avec un peu moins de fric. Je viens de passer un drôle de Noël. Taxes foncières et CFE. C’est passé tout juste. Un cadre de vélo à ressouder, des bouquins pour pépé impotent. Une maman qui me fait le virement un peu en avance, et vogue la galère ! Moi qui vit d’ordinaire avec 500 € par mois, là, j’ai vécu avec encore moins pendant deux semaines. Mais toi qui dois gagner dans les deux ou trois mille avec ton RER, eh ben tiens bon la grève. Fais comme moi. Pâtes, œufs. Au moins, comme tu vas pas bosser, t’as pas besoin de prendre ton train. Et toi qui subis la grève, profites-en ! Fais-toi des mollets, comme on en parlait chez je sais plus qui. Fais-toi un beau cul. Rencontre et rigole (toujours, quand ça galère).

Là-dessus, je me barre. Gréviste ou usager, je compte sur toi. Quand je reviendrai (par contre, je peux pas dire quand), je veux que ce soit pas fini la grève. Je serai pas là à partir de demain, mais commentez quand-même, ça me fera plaisir si je vois qu'y a du monde chez moi.

ubu-roi

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