Le grand débat, c’est pas ça :

Cataplasme, usine à gaz, tour de passe-passe. Alors, comment organiser le vrai débat ? Comment faire en sorte que pensée et parole accouchent de la nomination de compétences pour servir ? Comment, autour d'une table virtuelle, placer sur chaque chaise vide un corps qui pense et qui parle ?

table-ronde-puzzle
Dans deux précédents billets, j'ai montré qu'un député, ça ne sert à rien, qu'un député, c'est une absence. L'actualité nous montre sans cesse, mais de plus en plus clairement, qu'un président ne sert de son côté qu'à produire du chaos.

Si la planète est malade, si l’humanité est malade, ce n’est pas par fatalité : la nature est saine. Les maladies existent, et sont naturelles : elles contribuent à l’évolution. Elles ne sont pas fatales. Les êtres sont conçus pour y faire face.
Mais des maux collectifs sont apparus, dont sont victimes, et coupables, les humains : cancer ; cholestérol et diabète ; AVC ; pollution ; épuisement des ressources ; extinction des espèces ; guerre technique...

Tous ces maux sont initiés par les sociétés nanties, c’est-à-dire par celles qui fonctionnent politiquement sur le principe de la « démocratie » ! En effet, technicité, développement, consommation et « démocratie » vont de pair.

On sait à peu près expliquer la mécanique infernale : démocratie représentative, abandon des prérogatives à des gens qui se servent au lieu de servir, et qui engendrent un monstre aux cent têtes, la puissance de l’argent. L’aliénation est complète : les individus eux-mêmes adorent ce dieu tyrannique. Comment reprocher aux représentants du peuple d’être vénaux, alors que c’est la règle ?

Outre leur vénalité, les élus et représentants du peuple sont médiocres. Un président incapable de cacher inculture, cynisme et mépris des petites gens et qui rien qu’en parlant déclenche le chaos ; des députés absents, à l’assemblée comme dans leur circonscription. Des élus qui bétonnent, sans concertation ni analyse, ignorant par exemple que deux pharmacies ne peuvent se trouver à moins de cinquante mètre l’une de l’autre. (Le maire dont je parle ici est pourtant avocat). Mais comment leur reprocher leur médiocrité ? Sont-ils délégués sur la base de leur compétence ? Bien sûr que non. Le malheur de nos démocraties, lisible depuis longtemps dans toutes les littératures, vient de ce que le suffrage récompense la grande gueule, le sourire Colgate, le louche serrage de louches, le cul des vaches, la démagogie.

Aujourd’hui, il y a un « grand débat ». On parle de référendum, d’initiative citoyenne ou pas. Ça ne conduira nulle part, sauf peut-être à une nouvelle provocation.

Le grand débat, pourtant, moi, je l’attends. Mais sur un autre contenu : comment, dans les voies démocratiques, accéder au pouvoir pour le dissoudre ? Dans d’autres billets, j’emploie la formule : Un président pour en finir avec le président. Un parti pour en finir avec les partis.

https://blogs.mediapart.fr/jean-max-sabatier/blog/310119/il-nous-faudrait-quelquune


En effet, on a deux voies : la présidentielle, les législatives. Pour gagner la présidentielle, il faut un homme ou une femme providentiel.le. Mais qui ?
Pour gagner les législatives, c’est plus faisable : il faudrait juste que d’ici 2022, tous les collectifs, blogs, pages, de protestations, parviennent à se fédérer. C’est pas simple ! Il faut faire avec tout ce que l’actualité produit d’espoir, aux différents niveaux locaux et nationaux. Il faut partir du principe qu’un consensus peut se dégager, malgré des tas de divergences fortes, dont la plus forte est à mon avis l’accueil des migrants. Il faut que nous soyons tolérants. Je tolère que tu penses qu’il y a trop d’étrangers en France ; toi, à ton tour, tolère que je pense à prendre soin de ces gens qui nous arrivent. Parlons. Sur ce sujet comme sur les autres (j’ai pris celui-là comme exemple car c’est le plus clivant.) Quand on commencera à parler ensemble, on s’apercevra que bien rares sont les extrémistes.
Et à côté de ce genre de hiatus, il n’y a que des possibilités de consensus. Tout le monde sait que notre système est boiteux. Seuls l’inertie, le conditionnement, la paresse du confort l’ont laissé arriver jusqu’en 2019. Tout le monde sent que c’est pas comme ça que la Cité doit s’organiser. Et on voit bien depuis plusieurs mois que les gens sont pas si feignants : une grande énergie citoyenne se dépense tous les samedis.

Sur cette base, pour la première fois, le peuple sera vainqueur des élections législatives !
Et peut-être qu’en préparant cette victoire de la législative, il finira par apparaître la figure « providentielle » nécessaire pour la présidentielle…

Le grand débat salutaire, c’est ça : comment faire ?

Il faut maintenant réussir la rencontre de tous ceux qui veulent leur billet retour.

Francis Cabrel - Tout le monde y pense © Tandem Musique
 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.