Roman roman

Breton, quoi. Arthurien. Grand Breton.

L’univers de J.K. Rowling, est un pur syncrétisme entre le monde perdu des légendes barbares, ses chaudrons et Graals, baguettes et sortilèges, potions et philtres, et le christianisme inséminé en Europe par le monde romain. Et ce n’est pas tout : le roman de 4400 pages en poche est bien sûr actuel : la philosophie qui y est défendue est utile à notre époque, elle la rappelle sans cesse à la raison. Les thèmes de l’œuvre (lutte contre les racismes, spécismes, nazismes, trumpismes, salvinismes, etc., initiation, éducation et adolescence, technique, science et conscience…), politique, histoire, … sont contemporains.

Roman policier, psychologique, aussi.

Roman d’amour, aussi, à tous les sens du terme.

L’amour entre Ron et Hermione s’est révélé quand ils étaient en troisième. Mais seulement pour Harry et le lecteur. Car l’amour entre ces deux ados est problématique. La différence d’appartenance n’y est pour rien (Hermione est née Moldue, Ron est de sang pur). Le hiatus est ailleurs : Hermione est fille unique, entièrement sans complexe, très intelligente et très travailleuse. Et elle a un sens de la justice en béton. Elle sera à l’origine de la libération des Elfes de Maison, c’est à dire des esclaves. À l’inverse, Ron est le dernier des six garçons d’une famille un chouïa impécunieuse, il a toujours les vieux habits et outils de ses frères, qui en plus, pour trois d’entre eux, ont un passé scolaire brillant. Et lui est plutôt pas très motivé par le travail. Mais ce qui va surtout poser problème, c’est qu’il a un côté bad boy léger. Les Elfes de maison, lui, c’est juste normal. Quand il est nommé préfet, il commence à confisquer les frisbees (magiques) des petits, à les chasser de leurs fauteuils pour s’asseoir, etc. Heureusement, Hermione (elle aussi préfète), le rappelle à l’ordre.

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Cette scène de premier baiser se passe à la fin de l’œuvre. Elle donne une définition de l’amour qui me fait pleurer et rire à la fois.
C’est la bataille finale entre les Mangemorts de Voldemort et les opposants. Harry, Ron et Hermione ont une mission très importante à remplir, séparément de la lutte contre les Mangemorts qui s’apprêtent à investir le château.

— Attends un peu, s'exclama brusquement Ron. On a oublié quelqu'un !
— Qui ? s'étonna Hermione.
— Les elfes de maison. Ils doivent tous être dans les cuisines, non ?
— Tu veux dire que nous devrions les envoyer au combat ? demanda Harry.
— Non, répondit Ron avec gravité. Je veux dire que nous devrions les évacuer, eux aussi. Nous ne voulons pas de nouveaux Dobby, n'est-ce pas ? Nous ne pouvons leur donner l'ordre de mourir pour nous…
Il y eut un grand fracas lorsque les crochets de Basilic tombèrent en cascade des bras d'Hermione. Se ruant sur Ron, elle lui passa les bras autour du cou et l'embrassa en plein sur la bouche. À son tour, Ron lâcha les crochets et le balai qu'il tenait entre les mains et lui rendit son baiser avec tant de fougue qu'il la souleva de terre.
— C'est vraiment le moment ? interrogea Harry d'une voix timide.
Voyant que sa question n'avait d'autre effet que de resserrer l'étreinte de Ron et d'Hermione qui se balançaient sur place en s'embrassant, il haussa le ton :
— Hé ! Il y a une guerre en cours !
Ils s'écartèrent un peu l'un de l'autre tout en restant enlacés.
— Je sais, mon vieux, répliqua Ron qui avait l'air d'avoir reçu un Cognard sur l'occiput, mais justement : c'est maintenant ou jamais, tu ne crois pas ?
— La question n'est pas là. Qu'est-ce qu'on fait avec l'Horcruxe ? s'écria Harry. Si vous pouviez vous retenir juste un peu… le temps qu'on retrouve le diadème ?
— Oui… d'accord… désolé… , répondit Ron.
Hermione et lui ramassèrent les crochets. Ils avaient tous deux le teint d'un rose soutenu.

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