Je repique au truc

J'ai demandé à BaLoz de me passer son avatar pour illustrer ce billet : il colle bien au thème central. « D'accord pour tout piratage. » a-t-il répondu.

avatar-baloz
Quand je pense que je me suis barré sans rien dire. Eh les mec.ques, croyez pas que je suis fâché, hein ! Bon. Je vais encore me confesser. Je me suis barré parce que je suis addict. Accro à Mediapart. Que je néglige mes autres activités. Et que c’est la ruine assurée.

Ce qui a provoqué le début de ma résistible descente, c’est la politique municipale d’éradication du quartier Paul Brard, la déportation programmée de ses pauvres habitants, et de son auto-entrepreneur pauvre et décroissant, moi. Ça m’a plongé dans une sorte de démotivation. J’ai commencé à perdre de la niaque en 2015, aux premiers signes du funeste projet de la mairie. Qui s’est précisé en 2018. Qui a suscité mon blog. Qui a été un dérivatif.

https://blogs.mediapart.fr/jean-max-sabatier/blog/140918/la-librairie-ecole-la-richesse-du-pauvre

Et j’ai négligé ma communication commerciale. Mon affichage sur mes groupes de soutien scolaire a cédé la place à une communication sur la protestation contre la destruction du quartier. Là-dessus, la vidéaste qui voulait soi-disant faire un film sur le quartier et ses péripéties se révèle être une pétasse, probablement un sous-marin de la mairie. Pour finir, la totale,  ma seule alliée dans la défense de Paul Brard meurt à la tâche, crise cardiaque.

Moralazéro. Alors j’ai compensé avec mon blog. Et je suis tombé accro ! Alors basta. Voilà pourquoi je suis parti.

Drôle de migmag

En plus, la Kangoo 1998 doit passer le contrôle technique durci en mars. Désormais, la dentelle qui faisait le charme des vieilles 203 est proscrite. Et la kangoo est sur chandelles, dans mon arrière-cour. Pour sauver ma bagnole qui coûte pas 750 balles, j’ai acheté un poste à souder MIG/MAG à 750 balles. À première vue, c’est con, mais en fait non, c’est un investissement. Avec mon MAG/MIG, outre la kangoo, je pourrai sauver un fauteuil reelax, souder de l’alu, réparer plein de trucs trop fins pour mon poste à l’arc « normal ». En fait, je suis assez fier de cette « croissance-décroissance ». De cette richesse-pauvreté. Toujours la même chose :

https://blogs.mediapart.fr/jean-max-sabatier/blog/110918/escalier-social-contre-bulldozers

Chutes

Avec les chutes de l’escalier et de la mezzanine, j’avais fabriqué il y a deux ans de nouveaux présentoirs extérieurs, avec capots en plexi, pour qu’on voie les livres et les infos affichées, à l’abri de la pluie. Mais ils sont restés debout dans un coin, à cause des faitières en tôle fine, 0,6 mm, que je savais pas souder. Alors aujourd’hui, pour me faire la main avec mon MIG/MAG, je vais les terminer. Je reprends à la fois le manche et la cognée.

Rechute

Mais le Club, ça me manque. Les gentils me manquent. Les courageux, les sensibles, ceux qu’ont des p'tites manies, des grosses passions, etc. Quelque part, les trolls aussi me manquent ! Un troll virtuel, c’est moins grave qu’un troll réel. (Tiens, au fait, à présent, quand j’en rencontre un, au lieu de lui dire qu’il est un porc, j’utilise plutôt le mot « troll ». Important, ça.)


https://blogs.mediapart.fr/jean-max-sabatier/blog/030419/le-porc-le-loup-et-le-pingouin

D’ailleurs, hier, j’en ai vu un beau, qui mérite à lui tout seul un billet prochain.

Invitation au voyage

Mais surtout, ce qui me manque, c’est les prétextes à écrire. Écrire, c’est un peu comme partir :

Partir ça n’avait d’importance
que si tu venais avec moi
Sans toi ça n’a plus d’importance
Alors tant pis je reste là…
                          (Henri Salvador, la Muraille de Chine)

Écrire ça n’avait d’importance
que si tu lisais ça de moi
Sans toi ça n’a plus d’importance
Alors tant pis j’en reste là…
                         (Moi)

Pondre et attendre que quelqu’un chante ! Accro, je vous dis.
Pour réparer la voiture,  je dois renoncer à mon pèlerinage au lac de Villefort, au long et joli trajet avec mon jouet, ma vieille Honda. Pour cause d’argent, et de temps. L’année prochaine, j’espère, je repartirai. J'en profiterai pour redescendre, ce que je n'ai pas fait l'année dernière, tout au fond du chaos du Chassezac, à la Garde-Guérin, me baigner dans ces espèces de baignoires géantes granitiques. Chauffées par le soleil. Aujourd’hui, je replonge juste dans l'écriture.

Pendant mon absence, j’ai quand-même pris des nouvelles des potes. J’ai perplexité quand mon gentil Ç a sabordé tout son blog, et recommencé sous un pseudo. Heureusement, il a pas changé son sacré nom de blog (j’interprète peut-être pas exactement le « nous » comme il faut, mais tant pis, c’est pas grave, ça revient au même). J’ai été content de connaître la bonne bouille de Fred. (Il a fait fort avec le parallèle entre IGPN et GIEC). J'ai vu que Thomatthieu Thomamadou a encore changé de pseudo. Professeur de syncrétisme, Thomas-Mathieu-Mamadou. Thomas (le disciple, non-pas Thomas d'Aquin) : le précurseur de l'athéisme chrétien ; Matthieu : un des quatre évangélistes ; Mamadou : Mohamed, Mahomet. Et puis des méchants qui tapent sur des gentils, des gentils qui courageusement pensent différemment, des méchants sectaires qui veulent rien comprendre et rien savoir. Des gentils qui deviennent méchants. Et visse vers ça. La vie ! Le monde ! La tragédie, la comédie, l'épopée. Enfin, bref, ça me grattait de revenir ! J’ai eu des poussées à plusieurs reprises, vous pensez, avec toute cette infamie ambiante. Mais le truc qui m’a le plus inspiré, c’est le coup du Cyborg ! Parce qu’en plus, j’ai avoué à plusieurs reprises mon intérêt pour Onfray. Alors, voilà un petit coup de pensée complexe :

 https://blogs.mediapart.fr/jean-max-sabatier/blog/060819/etonnement-philosophique

J'ai repiqué au truc.

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