Effet brasse papillon

«Les jeux olympiques sont l’exaltation solennelle et périodique de l’athlétisme mâle avec l’applaudissement féminin pour récompense.» Baron Pierre de Coubertin

Je pardonne ! Ce sexisme ordinaire se trouve répandu partout au début du XXième siècle. Bien sûr, pour toute parole ou idée contemporaine de celle-ci, et qui au contraire soit féministe, donc révoltée, c’est mon admiration qui remplace mon pardon. Car rien n’est plus beau que la liberté, l’intelligence et le courage qui seules les permettaient en ces temps reculés.

À la piscine, il n’y a rien de plus consternant qu’un mauvais nageur de brasse papillon. Il fait du bruit. Il remue grave la flotte, attention aux ondes et à la tasse si vous êtes en dos. Attention aussi aux mandales, car il prend un max de place, avec des mouvements un max brutaux. Et tout ça pour une piètre vitesse. Quand c’est vraiment grave, il reste presque au même endroit, il monte et descend comme un ludion, on croit qu’il est en train de se noyer.

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À chaque fois que j’ai affaire à un tel guignol, je repense avec nostalgie à une ondine athlétique qui nageait la brasse papillon comme une fée, je ne me souviens pas si c’était à Éragny ou à Préfecture. Ce dont je me souviens, c’est que sa nage était belle. Elle aussi était belle. Athlétique, ça veut pas dire qu’elle était taillée comme Moresmo. Au contraire. Bras, jambes, dos, épaules. Pas de bruit. Les bras qui pénétraient dans l’eau avec douceur. Le dos qui miroitait puis disparaissait, ne créant qu’une ondulation légère. Le dos, j’avais bien le temps de l’admirer quand elle me dépassait !

Pourquoi ne l’ai-je jamais revue ?

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