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Billet de blog 7 déc. 2022

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Rue de la Victoire : la fin de la honte

Les victoires de la rue, c’est à dire du peuple, sont rares. C’est pour cela qu’il faut se réjouir tout particulièrement de ces deux-là, deux vraies victoires récentes : l’abandon du plan zéro covid en Chine, et surtout la dissolution de la police des mœurs iranienne. Joie relative, bien sûr, vus tous les morts. Mais joie quand-même, espoir, vision de pieds d’argile de colosses fléchissants.

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Pourquoi si peu de victoires ? Il y a pour cela de nombreuses raisons. 

D’abord, les gens sont naturellement enclins à la paix et à la vie, et non pas à manifester. Il faut en avoir gros sur la patate pour sortir de ses gonds.

Ensuite, maintes victoires se transforment en défaites, car récupérées par des factions qui prennent la place du tyran : 1789 est suivi de 1793, et de 1804. Les Tsars sont remplacés par des bolcheviques. Le Shah d’Iran cède la place à une théocratie archaïque et absurde. 
Dans Chien Blanc, Romain Gary décrit l’effervescence révolutionnaire des années soixante aux USA et en France, avec sa militante de femme Jean Seberg, proie juteuse des quémandeurs anti-racistes, et montre dans le progrès même des droits civiques aux USA comment se profilent le racialisme, le wokisme, le business anti-raciste. (Il faut lire ou relire, car c’est tout à fait prophétique). Le racisme anti-blanc prend la place du racisme,  une haine et un ressentiment noirs succèdent aux exactions blanches. Hélas. C’est toujours les factions, les partis, et les bourgeoisies, qui mènent la danse. Sans eux, la vie serait simple et tranquille. Quand l'humanité devient humanitaire, c'est un peu comme pour Hugo : « Quand l'homme arrive aux honneurs, c'est déjà qu'il ne les mérite plus. »

Enfin, nombreuses sont les victoires simplement provisoires : la Commune de Paris est impitoyablement massacrée par la République, c’est à dire la dynastie bourgeoise ayant succédé aux capétiens. Un homme fait stopper une colonne de chars en 1989, puis c’est le massacre de Tian'anmen. Certaines nations votent contre la constitution ultralibérale de l'Europe, mais les cliques passent outre. Les Ronds-Points Jaunes se poursuivent et se terminent à Paris sous les LBD et les lacrymos, et la fête des Blacks-Blocks.

C’est pour cela qu’il faut se réjouir tout particulièrement de deux victoires, deux vraies victoires récentes. L’abandon du plan zéro covid en Chine, et surtout, la dissolution de la police des mœurs iranienne. Joie relative, bien sûr, vus tous les morts. Mais joie quand-même, espoir, vision de pieds d’argile de colosses fléchissants.

Prions pour qu'à présent, en Iran, la créature de Dieu puisse de nouveau être fière, de ses cheveux, de sa beauté, de son plaisir, de son corps, de sa liberté, de sa puissance. Pour que la rue iranienne ait rendu à Dieu la fierté de son œuvre. Pour que la honte portée sur la femme par les religions du livre (honte tout de même abolie par Jésus qui proclame « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! », même si l’Église chrétienne va préférer oublier ce jugement), soit abolie définitivement par la dissolution de la police des mœurs. Pour que « Honte à nous les femmes » soit aboli en Iran.

Et peut-être, pas qu'en Iran ?

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