Vertueuses désobéissances

Désobéissance civile, institutionnelle, nationale, critique. En considérant les moyens d’une double désobéissance nationale, on va constater la nécessité d’une désobéissance institutionnelle, et d'une désobéissance critique.

Désobéissance civile

Je fais bien sûr référence à Gandhi, à la désobéissance civile, aux marches du sel, aux freedom rides pour les droits civiques aux États Unis… Des méthodes de révolution sans violence, n’en déplaise à la gauche de 1792, à la gauche de 1917 et 1924, à la gauche de 1975, etc.

désobéissance institutionnelle(Avec un peu de lecture récréative)

Désobéissance nationale

« Désobéissance nationale » possède un double-sens :
Désobéissance des nations à l’intérieur de la supra-nation, l’Europe. Il ne s’agit pas de contester l’Europe. Il ne s’agit pas de sortir de l’Europe : trop long, et aussi trop bête. Il s’agit de désobéir aux lois européennes quand la preuve est faite de leur ineptie.

Et désobéissance des gens de la nation, à l’échelle de la nation. Les gens qui vont imposer que l’on change le système.

Les nations doivent désobéir à l’Europe.

1) Il faut redonner la possibilité des vrais circuits courts : vendre ses produits agricoles ou artisanaux sur place. Le travail et la consommation doivent être locaux dans la mesure du possible.

2) Il faut nationaliser le gigantesque. L’industrie automobile, chimique, agroalimentaire, j’en oublie certainement. C’est ainsi qu’on luttera contre la sur-consommation, la sur-inégalité sociale, la sur-pollution, le sur-gaspillage (plus d’obsolescence programmée, plus de voitures à la cylindrée absurde en regard des limitations de vitesse, plus de course au confort qui n’est qu’une course à l’obésité, à l’avachissement. Si on réservait par exemple les lève-glaces électriques aux personnes âgées ou handicapées, on produirait moins de « valeur ajoutée », donc on polluerait moins, on baisserait le prix du produit, et ce serait bon du point de vue de la santé. En effet, la plus grosse erreur de notre génie technologique qui remédie aux handicaps, est d’appliquer les remèdes systématiquement, à tout le monde, même aux gens qui ne sont pas handicapées. Or, nos organismes ont besoin de fonctionner. Le corps et tous ses organes, cerveau en tête, ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas. Appliquer le sur-confort à tous, c’est rendre le monde sot et malade.

Les gens dans les nations nanties doivent désobéir à leur coutume

Il s’agit de la désobéissance de la nation entière : gagner les élections, organiser un référendum squeezant la constitution pour ouvrir une constituante et amener une constitution vraiment démocratique. Je n’ai pas d’objection à ce que ce soit la nation française qui donne l’exemple et montre la voie, montre sa voix. La révolution par les urnes. Rigolez pas, hein ! je parle pas de mai 1981. Ni de certains mois de mai qui ont suivi, de sept ans en cinq ans, des mois dits « d’alternance ». Y en a eu des alternances ! Comme on n’est pas content, on vote pour quelqu’un d’autre, à chaque fois. Ce qui nous conduit au pire, lentement mais sûrement. Inexplicablement, deux dates, 1988, 2002, où on garde le même. Et pour finir, 2017, où la prophétie d’Alfred Jarry s’accomplit et s’épanouit.

Non. Je parle d’une véritable révolution par les urnes, en opposition à la révolution par la rue, qui a toujours échoué : la révolution de 1789 conduit à la révolution industrielle et aux enfants au fond de la mine seize heures par jour. 1917 conduit à Staline, puis à Poutine. Mai 68 conduit à 69 et une réelection. Les gilets jaunes…

Bref. Le chaos que nous voyons arriver petit à petit, au rythme des élections, des alternances, des nouveaux Néron, a une structure. Il est explicable, et il n’est pas fatal. Si tout va si mal et depuis si longtemps, si l’école, la justice, la police, ratent leurs missions, ce ne peut être que structurel, car les gens sont capables de s’organiser, on le voit bien à leur créativité. Le principal ressort du chaos est le système politique en vigueur dans les nations dominantes, nanties.
Si le prétendu « libéralisme » s’est ainsi fortifié, c’est uniquement grâce à ce système. Il faut arrêter de déléguer le pouvoir, il faut l’exercer. La question est : comment le peuple peut-il organiser le recrutement des personnels administratifs et politiques, en son propre sein, avec quelque chose de plus sensé que ces mascarades, ces carnavals que sont les élections ?

Cependant, ce discours de la raison ne va pas de soi. Une effroyable réaction le contre. Au fond, c’est pas étonnant : quand on vient dire à quelqu’un : ce que tu as accepté sans rien dire est infect, c’est un peu normal qu’il le prenne mal ! Et qu’il te demande qui tu es pour venir ainsi prophétiser plus haut que ton cul. L’esprit critique est un esprit fort. Un hérétique. S’autoriser la liberté, c’est faire envie. C’est faire des jaloux parmi les cons, qui sont très nombreux. Montrer ses couilles ses ovaires, ses couilles ou ses ovaires, ça peut foutre les boules à qui n’en a pas. L’audace pue au nez des pleutres.

Désobéissance critique
Et en effet, en communiquant ici, sur Mediapart, à propos de Front Populaire, je me suis aperçu qu’il y avait là un vrai sujet. J’ai découvert que « ça se fait pas », comme disent les enfants. Et qu’il y avait automatiquement toute une machinerie qui se mettait en branle, dès qu’on avait le malheur d’innover, de penser par soi-même. C’est pas nouveau.
Cette mécanique levée de boucliers a amplifié en moi la volonté de ne pas penser sur modèle, de m’intéresser aux gens qui font un tel consensus suspect contre eux. Deux exemples : Raoult et de Benoist. Raoult, je savais pas trop. J’avoue avoir été dans un premier temps sensible à certaines sirènes, par exemple Lancêtre, que j’apprécie, et qui tape fort fort sur Raoult. Et puis un autre zigue a mis un lien quelque part, qui m’a permis d’entendre Raoult devant le sénat en 2012. Alors, j’ai voté Raoult. Je l’ai jugé sur sa parole, et donc je l’espère, sur sa pensée. Mais Raoult, c’est pas vraiment un os. Parmi les gens marqués qui ont rejoint Front Populaire, il y a un autre épouvantail, bien plus épouvantable. De Benoist. Je connais pas. Je connais par ouï-dire. Je connais par influence. Nous avons eu l’occasion d’en parler avec Lancêtre. « Tous les bons combats. OAS. Apartheid en Afrique du Sud. » Dépassé, j’ai pas insisté. J’ai balancé mon joker : « même si tout cela est vrai, ça n’empêche pas qu’il peut être à Front populaire, parce qu’il s’agit d’une table ouverte, et non pas d’une secte. » Le débat nécessite la présence de toutes les idées.
Puis je suis allé voir la fiche Wikipédia. Elle mentionne pourtant des choses plutôt intéressantes. Un des premiers dénonciateurs du « mythe du progrès » ; son principal ennemi : le libéralisme économique ; La société n’est pas un marché ; Demain, la décroissance !  Penser l'écologie jusqu'au bout. Voici qui recentre un peu, non ? Non ! « recentrer », ça ne va pas. Anti-libéralisme et pro-décroissance, ce n’est pas au centre, ça. Je trouve que c’est extrême. Vous croyez que le centriste Macron a compris la nécessité d’une décroissance ? Toutes ces considérations ne recentrent pas de Benoist. Elles le mettent au contraire en un autre extrême, qui n’existe pas sur l’échiquier actuel, mais qui est sans doute en train de naître. Qu’y a-t-il de plus extrême que la révolution ?

jeunesse, école, révolution(Avec un peu de lecture récréative)

Alors je commence à comprendre. La manipulation. Que va penser la clique industrielle d’un zèbre qui prône de moins consommer ? Donc qui prône une baisse du profit pour elle ? Et donc que va dire la clique médiatique qui lui est inféodée ? Facile : que c’est un nazi. On connaît bien le truc, à présent. Ça s’appelle deuxième tour avec Le Pen.
Il a commencé sa carrière à l’extrême-droite. Ben et alors ? Est-ce que ça nous a empêché de voter et de revoter Mitterrand ? L’OAS. Je pardonne. Moi aussi, j’ai fait des erreurs de jeunesse, et même de vieillesse. Par exemple, j’ai toujours voté pour des salauds, et plus récemment pour un con. L’apartheid. Là, j’avoue que je sais pas. Était-il un tenant de l’apartheid ? Je vois qu’il a écrit La vérité pour l’Afrique du Sud. Ça n’en fait pas un raciste. Il faudrait voir ce que c’est. Galère, c’est pas en accès libre. On doit pouvoir trouver, mais j’ai peur que ce soit cher. Je suis pauvre. Et j’ai d’autres trucs à lire. Quelqu’un peut-il m’aider ? (Je devrais aller bloguer sur Valeurs actuelles). Mais avant de balancer des condamnations à l’emporte-pièce, il faudrait chercher. Tant que je n’ai pas lu de Benoist, je ne me sens pas le droit de le traiter de raciste. Ni même d’extrême-droitiste.
Il faudrait une zététique populaire (oups. Si je mets ce mot savant, c’est parce qu’il me botte aussi pour son euphonie (merde, quoi ! « euphonie » ! tu le fais exprès ou quoi ?)) Enfin brèfle. « zététique », c’est drôle. Z’êtes éthique, vous ! oui. Il est éthique de connaître avant de parler. Donc de chercher avant d’instruire le procès. Ne parler qu'en connaissance de cause.
Mais là encore, merci à ceux qui parlent à tort et à travers. À leur insu, ils montrent, ils démontrent. Pas dans le sens qu’ils auraient voulu, bien sûr ! C’est ça qu’est drôle et qui redonne de l’espoir. Grâce à la calomnie de Raoult, qu’il est facile de déjouer, j’extrapole à celle de de Benoist, dont la lecture me pose des problèmes de temps et d’argent. Merci Lancêtre !

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