Les lumières de Macron

Pour défendre la 5G, Macron utilise ses lumières philosophiques

Quand vous demandez à des collégiens ce qu’est, d’après eux, le siècle des Lumières, on vous répond souvent : « C’est quand on a inventé la lumière électrique ». C’est alors l’occasion de rappeler ce qu’est une métaphore. « Obscurité », « obscurantisme », « éclaircissement », « lumière », « clarté »… Le verbe « voir » lui-même file la même métaphore quand « vision » signifie compréhension ou invention, « voir » comprendre, « visionnaire » poète ou créateur. Et l’occasion d’aborder cette chère notion : la raison.

Manu, on le connaît, maintenant. L’aura d’intelligence qui était la sienne pour avoir suivi tel brillant cursus, et pour avoir été selon certains l’assistant de Paul Ricœur, s’est effondrée très vite, pour laisser place à une réalité faite de comportements infantiles, déclarations stupides ou présomptueuses, leçons erronées, etc. Notons que le brillant cursus n’est pas en contradiction avec la vraie carrure intellectuelle de Manu, telle qu’elle apparaît à l’occasion de la Guyane ou l'ordonnance de Viller-Cotterêts. On sait bien et depuis longtemps qu’on peut faire l’ENA en étant un âne (Rabelais a forgé « sorbonagre » ). Par contre, une collaboration avec Paul Ricœur, ça, on serait tenté d’y voir une preuve. Mon amie Colette refuse d’admettre ce qu’elle voit, juste à cause de ça.

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Mais la philosophie de Macron est un mythe, dont l’explication est toute simple : elle est l’œuvre d’un sorbonagre, François Dosse, que j’ai eu l’heur de connaître au lycée de Pontoise quand il y enseignait l’histoire, et que j’y étudiais en section C. Impressionnant, François Dosse. Mon ami Alain, quand il en parlait, rigolait toujours. Une bête de scène. Et de l’entregent politique. Le hasard a fait que je l’ai revu à l’université de Cergy, où j’avais repris des études de lettres. Ni à Pontoise ni à Cergy, je ne l’ai eu comme prof. Mais je m’autorise quand-même un jugement : sorbonagre, j’ai déjà dit. Imposteur. Frelaté manœuvrier. Et qui au final a présenté Macron à Ricœur [1]. Voilà pourquoi mon ami Colette, femme pourtant intelligente, est persuadée que Macron est une lumière !
Un cursus estudiantin ne prouve rien. La Sorbonne peut produire des Dosse. L’ENA ne prouve rien : elle peut produire des Macron.

Revenons aux lumières. Car notre collégien attardé fait référence au siècle des Lumières.

« La France est le pays des Lumières, c'est le pays de l'innovation (...) On va tordre le cou à toutes les fausses idées. »

Pourquoi ne commence-t-il pas par ses propres poutres ? D’après vous, peut-on avoir une teinture philosophique et en même temps (!) faire cette confusion ? Voilà ce que signifie pour Manu « Les Lumières » ! Je passe sur la restriction française à un mouvement intellectuel qui embrasse toute l’Europe, et même l’Amérique naissante. Pardon, Kant. Un peu de chauvinisme ne messied jamais, sur le plan électoral. Mais ce qui est vraiment terrible, c’est que Manu en est au même point que les collégiens dont je parle plus haut. Lumière = innovation ! Vous croyez qu’on pourrait lui faire tenir l’opuscule de Kant, justement, Qu’est-ce que les Lumières ?

«J'entends beaucoup de voix qui s'élèvent pour nous expliquer qu'il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l'écologie contemporaine»

Vous voyez ? J’avais raison ! L’alternative à la lumière électrique, c’est la lampe à huile.

Par ailleurs, il est vrai que la France est un pays d’innovation. Les Gaulois avaient des moissonneuses ! Denis Papin. Beau de Rochas. Charles Cros. Front Populaire.

[1]

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/paul-ricoeur-le-mentor-du-jeune-macron_1949381.html

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