L’Hologramme, le pléonasme et l’oxymore

"Accuser un insoumis de rébellion, c'est un pléonasme ». Et "député insoumis" est un oxymore.

Je croyais n’avoir plus rien à dire sur Jean-Lul. Mais l’Hologramme, il est un peu comme Manu, il s’arrête jamais. Même quand on croit qu’il a compris, il remet le couvert, vitupère de plus belle. Franchement, Jean-Lul, il avait ses chances. J’en veux pour preuve cette proximité de sottise avec Manu, qui parlait des « gens qui ne sont rien » dans une république dont la devise est « liberté égalité fraternité ». Il a été élu quand-même. Alors Jean-Lul, il peut l’être aussi. Il a pas peur des mots.
Déjà, « insoumis », fallait oser. Quand la France insoumise s’est dressée, moi j’ai ricané. Insoumis ! Tu parles !
Rébellion : ça, c’est le mot de l’accusation. Et comme Jean-Lul saute dessus ! Il a parfaitement raison. « Insoumis rebelle » est un pléonasme : deux synonymes qui ont le même sens. Accolés ensemble dans le même syntagme commun. Et double mensonge. Oser se mettre sur le même plan que des gens comme Gandhi, Rosa Parks, ou Jaurès ! Quelle honte. Quelle pitié.

On a du mal à comprendre si Mélenchon est séditieux, ou simplement très con. Député insoumis ! Député rebelle ! Artisan des lois opposé à la loi.

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C’est impossible. C’est un oxymore absolu. En fait, ça me fait penser aux Pen. Surtout quand ils sont députés européens : opposés à l’Europe, mais entrant dans son jeu, et plongeant la main dans sa confiture.
Mais ça nous fait déjà trois cons parmi les candidats de 2017 ! Enfin, cons, ça dépend de quel point de vue on se place. La fin justifie les moyens. Si t’es élu en faisant le con (Sarkosy, Manu, Salvini, Trump, Bolsonaro, etc.), ben c’est que t’étais pas con. On peut voir les choses comme ça. C’est le problème de tout jugement de valeur. Il est subjectif. Et il y a des systèmes de valeurs différents, contraires. Tiens, pour une fois, je vais cesser d’être grossier en usant de « ce petit vocable de trois lettres pas plus, familier, coutumier ». Et je vais lui préférer « injuste ». Substantif contestable, peu ou pas usité, pas comme son contraire « juste », qui nous vient de la Bible. Alors que les injustes sont foison dans le monde politique, bien plus nombreux que les justes.
Et ça nous fait déjà trois injustes parmi les candidats de 2017. On va faire de ce trio un quatuor, avec Fillon. Pas pour ses problèmes de garde-robe, quoique, mais pour son fameux « Pénélope, je t’aime ! » jeté en pâture aux électeurs. Mélenchon, Macron, Fillon, Le Pon. Un quarteron de cons d'injustes.

Quand est-ce que notre système sera capable de proposer des justes pour piloter l’avion ?
Quand est-ce que pour lutter contre ce système de clans et de chefs, on saura proposer une solution sans clan ni chef ? Une solution juste ?

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