Pour tuer la pensée et la liberté : nier et intimider

Toute structure politique jacobine accomplit sans fin ce double meurtre. Chez Mao et Staline, dans l’idéologie islamo-gauchiste, dans la cinquième république et l’éducation nationale, dans l’état profond et médiatique. Merci quand-même à Mediapart qui me permet de jeter cette bouteille à la mer.

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Dieu tue tout ce qui lui résiste, et en premier lieu raison, intelligence et esprit critique.

 

Si nous étions libres

Si nous avions été libres, Samuel ne serait pas mort. Les graves problèmes qui sont apparus à la suite de son travail sur la liberté d’expression auraient été affrontés par l’équipe pédagogique. Après les protestations pressantes des (vrais) dévots et bigots, et la déferlante sur les réseaux sociaux, la consternante soumission de sa hiérarchie à cette pression n’aurait pas eu lieu. L’équipe du collège aurait pris conscience du danger, débattu, adopté une stratégie et des mesures. Un état d’alerte aurait été instauré, adultes et enfants sensibilisés et mobilisés. Tout le monde aurait eu l’œil. Aucun petit con déjà corrompu par un dogme ploutocrate n’aurait vendu le professeur pour trente deniers. Les abords du collège et du domicile du professeur auraient été surveillés. On aurait assisté à une levée de boucliers, une vraie. (l’expression est employée de nos jours uniquement pour évoquer des protestations véhémentes). La tribu aurait protégé son professeur. La petite, celle du collège, du quartier et de la ville, et la grande, la nation.
L’épouvantable scénario dystopique qui s’est déroulé, n’a été possible que pour une raison très simple : notre servitude, qui entraîne notre impuissance. Les décisions viennent d’en haut, qu’il s’agisse d’éducation, de police, de justice, de santé, etc. Le danger n’est l’affaire que des bureaucrates. C’est dire si la sécurité n’est l’affaire de personne.
Samuel est mort tout seul, alors que nous sommes des millions à le pleurer.

Si nous étions nombreux

Un autre juste qui est seul, c’est Michel Onfray. « Je ne suis pas optimiste, mais tragique. » Le tragique, c’est la solitude. Croyez pas qu’il a trouvé son armée : Front Populaire est une escroquerie, dont sont victimes Onfray et ceux qui croient en son communalisme. Les commentaires sur les articles concernant le 16 octobre, montrent que l’essentiel du lectorat est là bien plus par lepénisme que par girondisme. Et l’association Front Populaire et Compagnie, censée faire travailler ses membres à un projet politique, montre une opacité, un art du morcellement, un verrouillage et une incompétence staliniens. Ce qui se confirme au niveau du choix des contributions des abonnés retenues pour la parution : il révèle que le comité de lecture n’est pas constitué de personnes intelligentes ni cultivées. En fait, même principe que chez Mao ou Staline. À Front Populaire, c’est la révolution culturelle. J’entends par là cette idée historique : les intellectuels aux champs ou au goulag, et les cons aux manettes. Voilà qui va peut-être déterminer des gens de gauche à rejoindre Front Populaire !
En fait, nous sommes peu nombreux, les gens qui pensons librement.

Si nous pensions

C’est que la pression a toujours été forte, sur nos esprits. Depuis le berceau. Nos parents l’étaient aussi, conditionnés. On se demande si c’est pas sans fin. On s’habitue à ne pas y penser, à ne pas penser. C’est si confortable, la servitude !
On trouve donc dans tous les totalitarismes cette même haine de la pensée, et cette même nécessité d’une stratégie pour l’éradiquer. Les totalitarismes ne se trompent pas d’ennemis, eux ! La condition sine qua non de leur existence, c’est la non-pensée. Religions, racisme, marxisme, libéralisme, idéologies actuellement à la mode, toutes ont l’obligation vitale d’exercer une pression létale sur la pensée. Voilà pourquoi meurent les dessinateurs, écrivains, artistes, professeurs, journalistes, avocats, enquêteurs…

Techniques négationnistes

Illustrons à présent la stratégie et la novlangue syncrétiques islamo-gauchiste — salafiste, telles qu’elles se parlent sur le Club de Mediapart. Face à l’exaction, indéfendable, la seule solution est de nier, même l’évidence. Il faut être excellent rhétoricien, ça ne marchera qu’avec les sots, mais ils sont si nombreux, eux !
Nous allons faire un peu de littérature comparée en trouvant la même stratégie négationniste à l’œuvre chez l’auteur du premier billet, Qui a tué Samuel Paty ?, et chez certains commentateurs du second.

Qui a tué Samuel Paty ?
Je pourrais presque passer directement au billet suivant ! Je vais quand-même vous mettre le chapeau, et la dernière phrase, la conclusion et réponse. (Le texte lui-même est long comme un discours de Castro, alors je l’ai pas lu).

Chapô : « Celui qui tue un innocent sera considéré comme s’il avait tué toute l’humanité ; celui qui sauve un innocent sera considéré comme s’il avait sauvé toute l’humanité » Coran, sourate 5, verset 32.
[……long texte…]
Conclusion : « Si nous sommes capables de le reconnaître, nous serons capables de faire notre introspection collective en partant du seul constat qui compte : nous sommes tous coupables du meurtre de Samuel Paty. »

Voilà comment on noie le poisson. Où est l’erreur ? Pas difficile. Dans le mot « innocent ». Si t’es pas innocent, pars vite et reviens tard. Or le fait de ne pas être musulman est un grave péché, comme il s’avère maintes fois dans le coran. Et cette subtilité va fonctionner avec une grande majorité de gens, je le répète : nous sommes si peu nombreux à penser librement. La captatio benevolentiae amorce toute la perversion du truc. Si tu passes à côté du détournement d’acception du mot « innocent », tu piges direct que le coran est un livre d’amour universel. T’es forcément d’accord avec le fait que Samuel est innocent. Tu piges pas qu’il ne l’est pas dans l’esprit de ses tueurs, de ses délateurs. Il n’y a qu’à regarder l’intervention d’Abdelhakim Sefrioui auprès du chef d’établissement : « voyou ». Un voyou est-il innocent ? Quant au tueur lui-même, pour lui, je crois pas que Samuel était innocent : « j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad », dit-il en s’adressant au foutriquet.
Mais peut-être que c’est un complot islamophobe, ce tweet ?
Pour en revenir au coran lui-même, rappelons qu’il est truffé de passages absolument pas douteux, d’anathèmes jetés aux « mécréants », « associateurs » (les idolâtres, ceux qui adorent des représentations de dieu, le début de la querelle de néant qui a tout déclenché), « hypocrites » (ceux qui se sont convertis pour pas avoir d’ennuis, mais qui n’en pensent pas moins.) Un peu dans le même esprit que l’idée hébreu qu’Israël est le peuple élu par Dieu : tous les autres sont impurs, inférieurs, pas vernis…) Dans l’islam, ça devient plus farouche. En dehors de notre foi, pas de pureté. Les chrétiens en gardent des traces, en France : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons. » Xénophobie, racisme, nationalisme ou religiosité fanatiques, sont bien de la même obédience. Ce qu’il faut être sot pour ne pas comprendre ça !

Intimidation et auto-censure

Voici un billet paru aujourd’hui 21 octobre. D’habitude, Marie Cosnay, j’aime bien. Elle est engagée dans l’accueil des réfugiés. Elle jouit de façon justifiée de la Une de Mediapart à chaque parution. Mais à mon avis, ce billet-là, peut-être parce qu’elle y sort de son domaine, vaut pas la Une (ce qui est idiot à dire, puisque, comme sur FP, ce que l’on sélectionne n’est pas souvent pertinent et toujours orienté). À cause du paragraphe 1, qui m’a d’ailleurs déterminé à commenter et à ne pas lire les paragraphes 2, 3 et suivants. Si vous n’avez pas le temps, faites comme moi, lisez le 1, et allez voir les commentaires, ou vous trouverez la suite de ma réflexion sur la pensée et la raison. (Là-bas, j’ai le même nom qu’ici et que dans la réalité).

https://blogs.mediapart.fr/marie-cosnay/blog/211020/des-montagnes-gravir/commentaires#comment-10279921

Voici les commentaires dépubliés. Le premier parmi les miens est le même que celui qui contient le mot « sot » à la place du mot « con », qui a causé la censure. Donc je le mets pas.
Il y a un texte car j’ai fait une fausse manœuvre et perdu une capture.

maman
fe-lix-chez-marie
pas-une-poucave

Ce dernier commentaire est dépublié lui aussi parce que les réponses à un commentaire dépublié le sont en même temps.
Bien sûr, outre les manipulations dialectiques, il y a l’intimidation. Faire peur, provoquer une auto-censure ! C’est la mise en abime, mon histoire. Un pauvre zig se pointe en évoquant le fait que face à l’intimidation, certains profs s’abstiennent de penser et de faire penser, alors on intimide ! C’est logique. C’est ça le truc. Ça marche depuis déjà longtemps, c’est que la technique est bonne. Alors on continue.
Ça fait froid dans le dos. D’ailleurs j’ai froid dans le dos. Inch Allah.

Lisez bien, analysez bien, écrivez bien.

Lâcheté à tous les échelons de l’administration républicaine, sauf tout en bas, où les agents sont exposés. Laisse tomber Darwin, laisse tomber les caricatures, blasphème pas. Tire pas sur les blacks blocks, mais tire sur les gilets. Professeur, policier, soignant, même les pompiers sont pris pour cible. Chauffeurs de bus, ces cons fragiles qui meurent pour une « incivilité ». Tout ça parce que depuis toujours, on empêche les gens de décider eux-même de ce qui est bon. Tout ça parce que théocratie et République Jacobine, c’est kif-kif. La « démocratie » remplace juste le dieu faux et les vrais docteurs en vrais incapables et fausses compétences.
Lisez par exemple le Traité d’athéologie. Décolonisez les provinces. Et continuez. Et à chaque fois que quelqu’un se fait massacrer, analysez bien tout. Ne baissez pas les yeux, au contraire. Regardez bien. Le vrai combat ne consiste pas à publier des dessins un peu cons. Le vrai combat est celui de la vérité. Si un juste succombe, ramassez ses crayons, poursuivez sa création, continuez le combat.
La mort de Samuel m’a touché particulièrement. Moi aussi, à Conflans, j’aide à penser des enfants. Moi aussi je tente de leur donner l’amour du vrai et du beau. L’évolution : la majestueuse et éternelle fabrication du monde, de l’univers comme du pays des hommes. Et la longue et patiente construction de la démocratie.
Je ne le connaissais pas, mais nous étions frères.

on ne le verra jamais ?

Le son est pas très bon, c’est un chouchouille coupé au début, alors je mets les paroles aussi. Par contre, c’est bien chanté et bien joué.

La ballade nord-irlandaise

J'ai voulu planter un oranger
Là où la chanson n'en verra jamais
Là où les arbres n'ont jamais donné
Que des grenades dégoupillées

Jusqu'à Derry ma bien aimée
Sur mon bateau j'ai navigué
J'ai dit aux hommes qui se battaient
Je viens planter un oranger

Buvons un verre, allons pêcher
Pas une guerre ne pourra durer
Lorsque la bière et l'amitié
Et la musique nous ferons chanter

Tuez vos dieux à tout jamais
Sous aucune croix l'amour ne se plaît
Ce sont les hommes pas les curés
Qui font pousser les orangers

Je voulais planter un oranger
Là où la chanson n'en verra jamais
Il a fleuri et il a donné
Les fruits sucrés de la liberté

 

Écr. l'inf.

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