Pas étonnant (2)

Pareil, les tweetos pathétiques sur l’inceste, on pouvait deviner. C’est pas parce que la lutte contre l’inceste est un combat extrêmement complexe, aux difficultés géantes et évidentes, qu’on allait croire qu’Ubu ne s’y précipiterait pas.

Se refaire une morale, exercer son trémolo, masturber un peu son art histrionique sur un tel sujet consensuel à 90 %, il allait pas s’en priver. Comme j’aimerais croire que l’opinion publique progresse en maturité, et qu'elle ne se laissera pas abuser par ces pitoyables et désespérantes promesses d’espoir. Qu’il y aura plus d’esprit critique en face de ces coups de com, que de larmichettes admiratives. Plus de gens qui pigent que promettre l’écoute et la protection aux victimes d’inceste, c’est pareil que de promettre assistance à la démocratie américaine.

macrubu-inceste
« Aujourd’hui, la parole partout en France se libère. Sur les réseaux sociaux, dans les livres; les journaux, le silence construit par les criminels et les lâchetés successives enfin explose. Il explose grâce au courage, le courage d’une sœur qui n’en pouvait plus de se taire, puis ces derniers jours, le courage de milliers d’autres témoignant de leur vie brisée dans le sanctuaire de leur chambre d’enfant, de leurs enfances volées lors de vacances en famille, de moments qui auraient dû être innocents et ont conduit au pire. Ces témoignages, ces paroles, parfois ces cris, plus personne ne peut les ignorer. La honte aujourd’hui change de camp. A vous qui vous êtes libérés d’un fardeau que vous avez trop longtemps porté, à vous qui allez le faire mais qui parfois hésitez, je veux juste vous dire : on est là, on vous écoute, on vous croit et vous ne serez plus jamais seuls. »

Tout cela est sordide. Ubu essaye de faire croire que c’est fini le problème. Il note la libération de la parole, merci on n’avait pas vu, mais zappe les problématiques qu’elle soulève : comme pour les violences conjugales, réticence à accuser quelqu'un que l'on aime, possibilité d’accusations mensongères, intendance policière et judiciaire inexistante pour cause de saturation.

« on est là, on vous écoute, on vous croit et vous ne serez plus jamais seuls »

Ce genre de mensonge devrait être puni par la loi. Qui est ce « on » ? Moi, Ubu ? Toi qui m’écoute ? Les flics ? Les juges ? Les voisins ? Les mamans ? Les frères et sœurs ? Les autres ?

Vous imaginez, la petite tronche de l’enfant qui assiste à ça à la télé en compagnie de papa et de maman ? Vous croyez que ça lui donne de l’espoir et du courage ?

Sapiens fait souvent du mal en voulant faire le bien. Rutger Bregman montre que c’est au nom d’un bien supérieur que l’on commet le mal. Macron, lui, c’est pas qu’il cherche à faire le bien. Il cherche juste à faire croire qu’il fait le bien. Il ne connaît pas cette problématique du plus grand bien, ni celle de la liberté, en particulier celle de la parole. « La parole se libère ». Ça fait toujours bien, même si c’est principalement faux. C’est un homme tout en com, il ne voit que le coup. Le surfer d'argent surfe sur la vague de l'imposture médiatique. Alors il y va, sans avoir rien pesé, rien compris.

Et il y va allègrement, les deux pieds dans la même flaque de merde.

« Contre les violences sexuelles faites à nos enfants, c'est aujourd’hui à nous d’agir. »

Utiliser ce « nous » ! « Nos enfants », « nous d’agir » ! Pauvre Macron. Peut-être ignore-t-il ce qu’est l’inceste ?

Comment peut-on être aussi cons ? Comment peut-on ainsi prendre ce crétin pour un aigle ?

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