La Lune a rendez-vous avec Vénus tous les soirs

Je ne sais pas si on peut appeler ça une conjonction. Elle sont près, ça me suffit pour le mot « conjonction ».

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Depuis quelques temps, le soir, en remontant mon rideau métallique, je lève les yeux vers Vénus. Qu’elle est belle, si brillante et si petite dans le ciel, mais si grosse pour une « étoile ». Eh oui ! L’étoile du berger. Alors qu’elle est une planète. Et cependant, le troisième corps astral dans l’ordre de leur dimension apparente. Car Vénus, qui n’est pas une étoile, est plus « grande » que toutes les étoiles : elle est bien plus proche de nous. Tellement proche que l’on gravite autour de la même… étoile. Et quand cette étoile est « couchée », et qu’il n’y a pas de nuages, quelle beauté ! Émouvante, car si petite. Troisième corps, mais dans la cour des petits. Descend un peu et te voilà dans la poussière.
Déjà, il y a quinze jours, au temps de l’insouciance, j’en ai parlé avec un ou deux types qui tenaient les murs de l’épicerie à côté.
— Regardez !
— Ben quoi ?
— C’est beau.
Comment passer pour un con auprès d’un aveugle. C’était beau, mais depuis que la Lune dans ses phases, ses quartiers, ses croissants, vient la courtiser, ça l’est encore plus. Et ça dure. Le mauvais temps revient, alors ça va peut-être cesser. Je ne sais pas si on peut appeler ça une conjonction. Elle sont près, ça me suffit pour le mot « conjonction ».

Sinon les oiseaux, pigeons ou canards, pies ou corbeaux, mouettes ou moineaux, les chiens et chats, les lapins, et les petits enfants restent insouciants. La nature semble aimer le coup du virus. J’ai un vieux pote qui aboie souvent à mon passage, de sa grosse voix enrouée, guettant à son grillage. Rien de changé entre nous.
— Ouarf.
— Ta gueule.
Hier, doublon. Il a refait :
— Ouarf, j’ai refait :
— Ta gueule.

Pas de triplement, un vélo, ça va quand-même vite.

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