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Billet de blog 1 oct. 2022

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Ce voyage sommeille, en moi

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Ce voyage sommeille en moi

Carnet de bord

L'heure du départ approche, j'emballe mes affaires aussi précieuses, soient-elles pour signifier ma présence, là où ne m'attend pas. Je pars rejoindre l'autre versant de ma vie. À tous ces actes manqués qui m'ont contenu dans un lieu qui ne me paraît plus aussi précieux. Désormais d'autres lieux habitent mon imagination par une atmosphère sans pareille. La nature y évoque un tout, perçue par une curiosité qui prend le dessus sur l'indifférence. Où, quand, comment semblent des questions sommaires, quand le périple importe autant que la découverte. À tous ces actes manqués qui m'ont conduit à me renouveler. Ici le bonheur à portée de main m'a été interdit, las-bas à portée de regard, je retrouverai, cet enfantin sourire. Où chacun se plaît à mystifier une destination quand l'émerveillement est au rendez-vous. Un acheminement qui s'étend de surprises et vacarmes en tout genre. Quand ce qui paraît pittoresque est époustouflant et ce qui paraît fantastique est dérisoire. Tout est question de perspectives. Pour cela, les invectives n'aident pas à percevoir ce qui est autre. Las-bas tout diffèrent, moi même maintenant, je me sens différent. 

Ce voyage d'une virulente beauté prend le pas d'une direction aussi étrange que d'heureux hasards. Lorsque les incompréhensions s'accommodent de sourires. Parfois les mots ne suffisent pas à retranscrire la curiosité. La langue n'a pas de réelles barrières. Quand le regard reflète l'âme, les harmonies en substance font qu'on se passe de mots pour illustrer la rencontre. Quand les différences amusent plus qu'elles n'effraient, seul compte le regard. Ces différences-là, nous font sentir l'instant, plus qu'une richesse, elles sont libertés.  Ces différences témoignent d'une amitié naissante chaque jour, d'une célébration chaque jour. Il me faut appréciés ces vagabonds instants , appréciés ces messager moments. Laisser derrière-moi, un endroit où la routine prend otage une vie, quitter un confort nous confortant, dans le regard des autres.

Le chemin de mes envies se nourrit de modestes enseignes où par la simplicité d'une entrée, je m'y aventure. Chaque mets rend hommage à la saveur d'un pays d'une région. L'accueil impose des  instants de toute beauté. La vie en vaut le détour, ici et là. Quand loin de son pays natal, on trouve un chez-soi. Désormais, chez moi, est là où au sel de la vie, je me nourris à la source sur le fleuve du temps avant de quitter ce monde. En autant de morceaux qu'il n'y a d'étoiles, là où rayonnent les ténèbres.

Ce voyage sommeille en moi pour adoucir une mort promise aussi mystérieuse soit-elle. Il me donne le pouvoir d'écrire ma vie décrire ces instants que je pense posséder. Mais dans cette vie ou une autre l'inattendue demeure spectaculaire d'éphémères instertices. Dans la plus modeste bicoque ou sur le plus incongrue des trottoirs, les paysages ornent de respectables couleurs. Au détour d'un théâtre quotidien, les apparats ne manquent pas à l'appel. Comme ce moine, il n'exprime rien mais dit tout de la plus belle manière, celle de laisser transparaitre la sérénité. Je me questionne, est-ce que la plus belle des étoffes étoufferait le plus sincère des sourires. La simplicité est de mise quand on ne souhaite rien posséder, me diriez-vous. Il y a des simplicités qui sont des richesses et des richesses qui sont des tourments. Ma richesse réside dans ces instants, ces lieux où je cherche à connaître ce que je ne comprend pas et nommer ce que je ressent pour ce qui m'est permis de voir. Tout est entremêlé, ce rêve éveillé a pour piqure de rappel, ces insectes exotiques qui sont eux bien réel. Leurs bourdonnement dépassent parfois l'entendement,  mise à part ça tout va bien. Il suffit d'applaudir à deux mains pour espérer se préserver de futures nuits fiévreuse. L'exotisme est un lot à prendre ou à laisser. L'intérêt consiste ici à se saisir d'éblouissant contrastes. De magistrales imperfections qui font que la vie ne peut être plus belle quand elle ne ressemble à rien d'autre qu'une mosaïque de couleurs de cultures, tel l'enchantement d'une beauté brut de décoffrage. Encore faut-il voir pour le croire que la vie a bien des versants car même à l'aval de nos imaginations les détails peuvent nous faire défauts. 

Jadis à l'ombre d'un bonheur qui m'a été interdit, je me suis acquis de cette pénombre légion dans les contours de mon âme. Tout comme les abysses de ce talentueux mystère qu'est la vie. Alors, je marche dans la lumière de ce chemin qui s'accompagne de bienveillance. Un retour à l'essentiel quand la société vous pousse à posséder, je cherche à m'appartenir tout entier et croquer ce qu'il y a à croquer, goûter ce qu'il y a à goûter. Les couleurs comme les fruits sont mon arc-en-ciel de bonheur. Plus haut que le ciel, aussi loin que le vent, j'irais jusqu'au bout de la terre, voir s'il n y a pas d'horizon que la beauté ne saurait atteindre. 

Là où les désespoirs pleuvent en pagaille, les temples pullulent pour recenser d'autres forces qui façonnent ce monde. Je souhaite m'enquérir d'enseignements que je croiserai avec une quête de sens qui se dévoile à la lumière de mes sentiments pour cette vie qui m'échappe que je souhaite reconquérir par l'émerveillement. Ainsi, ce voyage sommeille en moi depuis quelque temps déjà. Il suscite l'envie d'écrire au parchemin de ma vie, loin d'un préambule qui n'a que trop durer. Aussi j'accepte ce qui s'offre à moi, comme bénédiction. Parfois, à la marge des déconvenues, je suis enjoué par cette sournoise aventure qui se plaît de patience. Ce vagabondage prend le pouls du ressac face au flot de normes harassantes établies dans la cité. Irrépressiblement happé par des jugements cinglants de contre-vérités que prônent le diktat du nombre. Là où fleurit les inégalités, le chemin est parsemé d'injustices et quand culmine l'avarice, la solidarité illumine d'intense solennel, à la relecture du temps pour puiser l'importance d'un sens précieux, rendre à la vie son éclat. Que m'en soient témoins le soleil, les étoiles et la lune dans leurs immensités, lors de ce voyage je filterais avec la beauté du monde. 

Même si, je suffoque sous cette chaleur écrasante comme ces odeurs aussi brutales qu'enchanteresses. Je brûle pour ces sourires aussi vaillants qu'un encens. J'encense ces inconnues qui avoisinent mes journées. Et j'invoque cette brise maîtresse de m'entraîner sur un chemin fait de soubresauts. Je me réserve le bénéfice d'une surprise pleine et entière. Quand tout n'est que fatalité, sur la route, la plus pittoresque des enseignes fait office d'oasis. Sur un semblant de chaise, par la plus rudimentaires des collations, je revis j'y reviens. Quand la vie ne tient qu'à un fil électrique, de fils en aiguilles, on s'accoutume de petits riens, à la lumière d'une bougie. Il y a des rires qui sont contagieux, car ils se jouent de la déroute.Une joie sommeille en nous,  telle la sincérité d'un amour naissant qui en ces périodes troubles, nous honore de sa présence. Voir le monde qui s'exprime dans ses multiples expressions. L'éclat d'une mosaïque aussi respectables que ses couleurs qui envahissent l'horizon. Quand bien même, la brise maîtresse, nous ramène sur des chemins déjà empruntés. On peut voir mille fois le même paysage. Et en apprécier chaque instant, on peut voir mille fois les mêmes personnes, et en apprécier chaque compagnie. Dans le plus rustique des décors, je me souviens que l'authentique n'a pas d'adresses. Mais chaque endroit mérite que je m'attarde une vie durant. Dans cette vie ou une autre, j'ai aimé ce qui m'a été donner d'aimer. 

Avant ce jour, à l'ombre de ce figuier, par un plissement de cils tels les délicats battements d'ailes du papillon, aux formes de mouchoirs de papier, mon voyage prendra fin par un sourire. Et jusqu'à mon dernier sourire, mon dernier souffle, j'espère déceler, la paix vêtir ce monde.

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