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Billet de blog 8 déc. 2022

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Vas-y Franky

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Franky Vincent vient d'être nommé,  Chevalier des Arts et des Lettres . Une distinction qui prête à sourire, quand on connaît la profondeur, de ses textes. Néanmoins, vu la carrière de galéjade qu'on lui reconnaît. Il mérite amplement quelques applaudissements. Dieu sait que monsieur Franky Vincent m'est sympathique. Certains de ses morceaux ont permis de mettre, du piment, dans mon adolescence.

On peut toutefois discuter du timing, par lequel  cette nomination survient. Dans une France, où quand une personne noire habitant dans un beau quartier, rentre chez elle. Elle se fait lyncher par des policiers, tels des fauves en liberté. Tandis que peu de temps avant, ce fait divers, on discutait la viabilité d'images, à prendre ou non, en compte par l'IGPN, lors de procès qui n'en sont pas. Je fais allusion, à l'affaire Michel Zecler qui comporte des parts d'ombres bien qu'il y est des images probantes, à l'appui. Ajouté à cela, des gens en voitures qui se sont faits tirés dessus, lors de contrôles de police qui ont littéralement dérapé.

De plus, monsieur Franky Vincent qui est une espèce d'Henri Salvador, et de Patrick Sébastien croisé avec un Rocco Siffredi, est antillais. Parallèlement, dans le nouveau gouvernement, le ministère des Outre-mer a évolué pour devenir un ministère, sous la tutelle du ministère de l'Intérieur, autrement dit, un sous-ministère. Cela est advenu juste après les dernieres élections présidentielles. Juste après que la situation aux Antilles fut problématique, pendant une période de pandémie, discutable. Peut-être du fait d'un service hospitalier aux Antilles voire plus qu'ailleurs, en peau de chagrin. Sans parler de l'affaire du chlordécone qui éclabousse, considérablement, la confiance des antillais, envers la métropole. 

À cet effet, l'affaire du Chlordécone fut classée sans suite. Un verdict qui est loin de rassurer, quant au caractère soi-disant impartial de la justice que certains qualifie, à tort, ou à raison de " coloniale ". C'est pourquoi cette nomination étonne, du moins son timing est sujet à question, voire à instrumentalisation. Car ces dernières années, les symboles d'intégrations et de réussites pour les îliens en particulier et les minorités, en général sont apparus, à des moments étrangement opportuns. La nomination de la miss France 2019, la tahitienne Vamaila Chavez advient l'année, où l'indépendantiste Oscar Temaru entend porter plainte, contre la France pour crimes contre l'humanité, par rapport, à la gestion des essais nucléaires, en Polynésie. Depuis, ce dernier a vu ses avoirs gelés par agences étatiques interposées.

En 2020, le kanak Emmanuel Kasrhérou devient directeur du musée du quai branly, en plein milieu de la série référendaire, pour ou contre l'accès, à la pleine souveraineté, en Kanaky-Nouvelle-Caledonie. Le 1er décembre 2021 en France, Joséphine Baker est la première femme noire (américaine) a rentré, au Panthéon. Dans un hexagone qui refuse que les joueurs de foot mettent un genou à terre, contre le racisme, dans la lignée du mouvement Black Lives Matter. Une France qui érige Joséphine Baker, mais où est conspué, la sœur d'Adama Traoré. La nomination du prix goncourt 2021, Mohamed Mbougar Sarr s'inscrit dans un climat d'islamophobie décomplexé sur quasiment, tous les plateaux TV, sans jamais vraiment inviter de musulman, a donné la repartie. Pour finir, la nomination, d'un soi-disant adepte de la pensée décoloniale, Pap Ndiaye au ministère de l'éducation qui est une sorte de nouveau Harlem Désir. Mais d'après, ce nouveau ministre, le racisme systémique n'existe pas. Vous me direz quand on arrive à ce niveau-là, on ne crache pas dans la soupe.

Alors, traitez-moi de complotiste, de wokiste, d'anarchiste, n'empêche que les faits sont là. Et ceux qui tendent à minimiser, le subterfuge. Ceux qui se laissent berner par la supercherie " méritocratique ". Ceux-là taisent l'instrumentation étatique, grotesque de deux poids deux mesures,  grotesque de son mal apparent. Qui consiste à mettre en avant des " idiots utiles" comme autant de symboles d'intégration, autant de symboles d'invisibilisation. Comme modèles à suivres tandis que les autres ne sont riens, rien d'autres que des parasites, des incapables, des subalternes. Se faisant,  ces personnes mise en avant, incarnent la viabilité de façade d'un ascenseur social qui pour la plupart d'entre nous, mais surtout pour les minorités, reste un conte de fées, un mirage. 

Un jour, un de mes professeurs de sociologie affirmait qu'il y a, dans une société, deux événements qui permettent d'inverser, les rôles sociaux. Deux événements que sont la révolution et le carnaval. Je ne sais pas par quel ordre, il faut commencer pour changer les choses. Je ressens seulement qu'un désordre s'annonce... 

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