Troisième référendum, en Nouvelle-Calédonie-Kanaky

La série référendaire entame un cheminement identitaire néo-calédonien. Toutefois l'aspect institutionnel ne peut satisfaire une quête existentielle qui s'anime aussi via un questionnement contemporain ( réchauffement climatique etc ). Etant donné que le modèle économique en vigueur sur cette île, s'avère être source de ses maux ( pollution, inégalités accrues etc). Pourtant il est indiscutablement reconduit, à travers les différents projets politiques 1, telle un chemin salutaire menant vers la libération . A l'instar de la société civile consultée ici pour déléguer un pouvoir qui lui incombe de transformer cette île, à son image. Cependant, cette image est parasitée par des ambitions électoralistes binaires.

Le bipartisme comme norme binaire irrigue l'ensemble de la société,  car il détermine les rapports de pouvoir comme fondement de la société néo-calédonienne.  En ce sens que les identités politiques qui découlent du bipartisme ( loyaliste vs indépendantiste), apparaissent comme des représentations sociales figées. Au cas où, la binarité politique comme représentation sociale serait questionnée, cela reviendrait pratiquement à remettre en cause l'identité même, de l'individu qui aurait du mal à se construire 2, en dehors de ce schéma politique intrinsèque. Ainsi les référendums enferment, les individus, dans des identités politiques. Par conséquent, nous ne pouvons avoir une vision claire de ce voeu unitaire qu'est le destin commun, car nous sommes cristallisé, dans une identité politique qui prend le dessus sur tout le reste. Dans le but d'inverser cette tendance, il nous faut déconstruire les représentations sociales qui nous cristallisent dans la binarité. Autrement dit, déconstruire les différences alimentant le confort appauvrissant,  de l'entre soi. D'où le fait que, cette contribution nuance la notion de commun, vis à vis du destin auquel cette notion, se rattache ici. La volonté de faire commun, incombe notamment, à la société civile. Cette dernière manifeste ce souhait via des réseaux de solidarités collectifs, hors des sentier battues électoralistes binaire. Cette volonté de faire commun s'illustre par une vision « hors » du commun, en déconstruisant la notion de commun telle qu'elle nous est présentée, dans nos sociétés modernes 3. Ainsi, renouons avec la nature, des îles du Pacifique Sud qui ont vocation à être des refuges, loin de la folie de la modernité...

1 Avec bien entendu quelques variantes, selon les partis concernés.

2 Du moins rappeler à l'ordre par sa communauté de remplir son devoir de citoyen, ou alors marginaliser par cette dernière.

3 La notion de « commun » dans nos sociétés modernes, renvoi à une uniformisation des modes de vies et des consommations. La performativité de nos sociétés est basée sur la consommation de masse. Le marché absorbe et influe nos besoins, afin que, nous puissions difficilement nous en défaire ( le « no easy way out »), du à une instrumentalisation de l'égalité via sa prétention d'ériger son universalité ( le développement), un asservissement global, au « marché unique » ( grâce à la mondialisation). Soulignant la difficulté de construire un réel « commun », dans nos sociétés modernes, du au caractère individualiste, où la recherche de satisfaction des besoins individuels, priment sur l'intérêt du groupe.

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