Pouvoir d'achat

le pouvoir d'achat pose problème et les déclarations des uns et des autres n'y changeront rien tant que...

POUVOIR D’ ACHAT

 

Le pouvoir d’achat pose problème et les déclarations des uns et des autres n’y changeront rien tant que l’on fera preuve d’une cécité intellectuelle sélective.

Le pouvoir d’achat est le montant dont on dispose pour vivre. Or actuellement on ne tient pas compte de tous les éléments indispensables pour « vivre », toutes les dépenses imposées par le Gouvernement en particulier par la numérisation quasi systématique de notre société et par la loi de l’offre.

Un autre élément est la dissonance existante entre le slogan gouvernemental sur la « valeur travail » qui devrait apporter à chacun les sommes destinées à lui permettre de vivre convenablement, et les salaires payés. Très « pro entreprise » et ne voulant pas remettre en cause le montant particulièrement élevé des dividendes versés par les entreprises françaises, le Gouvernement utilise la redistribution pour compenser la faiblesse de certains salaires et revenus.

Il préfère utiliser les impôts et cotisations sociales de ceux d’entre nous qui en payent, pour apporter un complément de revenu à ceux qui sont en bas de l’échelle.

On peut comprendre le raisonnement gouvernemental car l’Etat est aussi un employeur qui serait bien embêté s’il devait augmenter les traitements des policiers, enseignants, personnels hospitaliers et autres et s’il devait augmenter les retraites ne serait-ce que pour coller à l’augmentation du coût de la vie et de l’inflation.

Ce faisant on utilise des moyens budgétaires pour pallier les carences des employeurs, préserver les marges et les dividendes, mais on précarise aussi une grande partie de la population et on paupérise une autre partie, celle des retraité tout en en faisant des assistés.

Par des prélèvements sur les rentrées budgétaires le gouvernement augmente un peu le pouvoir d’achat de certains, tout en augmentant certaines dépenses contraintes, nous faisant dépenser plus que ce qu’il nous a donné.

Dans le domaine de la protection sociale, et pour pallier les insuffisances budgétaires, il nous pousse vers le secteur privé de la protection sociale, qu’il s’agisse de la santé ou des retraites. Il n’y a qu’à voir les publicités qui fleurissent et vantent tant les complémentaires existantes, que les nouveaux venus dans ce domaine particulièrement profitable et juteux comme le démontre la situation actuelle au Chili où les « Chicago boys » avaient vendu à l’Etat Chilien la privatisation du secteur. Pourtant la protection sociale est trop importante pour l’équilibre et l’avenir de notre société, pour qu’on puisse la concéder aux entreprises privées dont le but est de faire de la marge et de produire des dividendes.

Selon le rapport 2018 de la DREES, les frais de gestion des divers systèmes complémentaires de santé ont dépassé ceux de la Sécu et se sont élevés à 7,5 Mds pour l’année considérée pour des prises en charge moindre.

On peut imaginer ce que pourrait faire la Sécu, si on pouvait lui verser les cotisations que nous versons à nos complémentaires.

On pourrait même revenir aux origines, à l’époque où la Sécu remboursait à 100% tout en payant moins cher !

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