Une sale habitude

En ces jours où revient sur le tapis la suppression de l'ENA et le besoin d'une modernisation ...

UNE  SALE  HABITUDE …

 

En ces jours où revient sur le tapis la suppression de l’ENA et le besoin d’une modernisation du fonctionnement de notre Haute Administration, ce serait peut-être l’occasion de tordre le cou à cette sale habitude de nos administrations de ne pas répondre aux courriers que les citoyens lui envoient et cela concerne trous les niveaux administratifs et toutes les administrations.

Que l’on écrive à l’Elysée, à Matignon, à un quelconque ministère ou à une représentation locale de ces instances, les réponses sont rarissimes et cela concerné tant les réponses au fond que les simples accusés de réception.

Il fut un temps, il y a bien longtemps, où une directive de Matignon faisait obligation à toutes les administrations à fournir au minimum un accusé de réception dans un temps raisonnable, trois mois de mémoire.  

On nous a rapporté qu’un signalement d’une arnaque envoyé à un Procureur de la République n’a toujours eu de réponse six mois plus tard.

Une demande de renseignement au sujet d’un « Poilu » disparu en 1915 adressée au Chef des Armées en 2018, demande renouvelée un an plus tard, n’a toujours pas reçu de réponse, pas même un AR. Mais peut-être que son intérêt avoué pour le mémoriel n’est que de la pipe selon son expression.

Or répondre à un courrier relève de la simple politesse, qualité qui semble bien oubliée.

Alors avant de supprimer l’ENA, on pourrait commencer par mettre un peu d’huile dans le fonctionnement de nos administrations ce qui devrait pourtant être le B.A. BA d’un fonctionnement harmonieux et respectueux de nos instances administratives et gouvernementales.

Même si MAO avait dit qu’un poisson pourrissait toujours par la tête ce qui justifierait la suppression de l’ENA, le bons sens devrait inciter le Chef de l’État à attaquer le problème par la base en réintroduisant de la Fonction Publique dans les petites communes et en arrêtant les suppressions et les concentrations d’autant qu’une des leçons à tirer de la pandémie est l’appétence de nos concitoyens pour ce que l’on appelle « la campagne ».

Ce problème de la désadministration de nos campagnes ressemble fort au problème de l’œuf et de la poule : plus d’enfants entraine la suppression des écoles et plus d’école pas de venue de familles !

 

J.M. 09.04.21

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