Fier à bras

En regardant Emmanuel MACRON haranguer les foules dans un Liban dévasté, nous avons également été dévastés.

FIER À BRAS

 

En regardant Emmanuel MACRON haranguer les foules dans un Beyrouth dévasté, nous avons également été dévastés.

De quel droit notre président s’est –il cru autorisé à venir critiquer un régime politique sur le sol même du pays concerné en les traitant de corrompus !  Si l’accusation est sans doute fondée, on ne va pas le dire en face sur leur propre sol aux dirigeants éventuellement impliqués. S’il s’était contenté de faire le tour du port et des quartiers touchés par l’explosion, on aurait compris et applaudi, mais ce qu’il a fit est parfaitement contre productif.

Comment voulez-vous discuter avec des gens que l’on a insultés publiquement ! Il est vrai que la diplomatie ne s’enseigne pas à l’ENA, ce qui explique peut-être cela. Et comment réagirons-nous si demain il prenait l’envie à Recep ERDOGAN de venir en France haranguer les turcs de la diaspora 

Curieusement, il n’a pas bougé le petit doigt lors des émeutes pro démocratie de Hong Kong et il n’a pas pris son avion présidentiel pour se rendre à Ürümqi, la capitale du peuple ouigours afin de le soutenir contre le gouvernement de Pékin qui enferme les hommes dans des camps de concentration et de rééducation et stérilise de force les femmes afin d’éradiquer ce peuple, tout en entreprenant une vaste campagne de sinisation en «important » massivement des chinois de l’ethnie Han tout comme cela a été fait et continue d’être fait au Tibet.

Il est facile d’aller faire le bravache dans un pays grand comme deux fois le Morbihan, c’est un peu plus compliqué de le faire en Chine où on ne le laisserait même pas descendre de l’avion ! Lui qui avait annoncé faire une visite annuelle à Pékin, une sorte d’hommage vassalique au nouvel empereur de Chine ?

Ce n’est pas la première fois qu’E. MACRON montre qu’il sait être courageux avec les petits, les faibles, quand il n’y a pas de réel danger, et qu’il se montre faible avec les forts.

On se souvient de sa sortie dans l’affaire BENALLA, quand devant la sortie arrière de la Maison de l’Amérique Latine, entouré de sa cour, il avait déclaré face caméras être le seul responsable et « …qu’il viennent le chercher ! ». C’était le signe évident d’une énorme lâcheté car il était surprotégé par des escadrons de gendarmes en plus des personnels de sa protection rapprochée et personne n’aurait même pu lever le petit doigt pour « venir le chercher ».

Comme dans l’intervention française en Libye qui a débouché sur la situation catastrophique que nous connaissions actuellement, l’intervention macronienne à Beyrouth risque de compliquer le problème dans une région qui n’a pas besoin de cela et il n’est pas exclu que le Hezbollah, seule véritable force politico religieuse, n’essayera pas de prendre le pouvoir à moins que cela ne débouche comme par le passé, sur un affrontement inter religieux. N’oublions pas que 18 groupes religieux plus ou moins importants, coexistent et que cela entraîne des luttes intestines permanentes pour le pouvoir et les prébendes.

  1. MACRON veut copier ses prédécesseurs, en l’occurrence F. MITTERRAND qui s’est rendu à Beyrouth après l’explosion de Drakkar, mais c’était pour honorer les 43 militaires français morts dans l’explosion, donc rien à voir avec l’actualité d’aujourd’hui si ce n’est qu’une énorme envie d’être sous les feux de la rampe.

Notre Président a voulu jouer à l’apprenti sorcier. Mais connaît-il la formule secrète ?

 

J.M. 09.08.20

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