...Les plus bêtes du monde...

Selon la célèbre phrase de Guy MOLLET, nous aurions la droite la plus bête du monde.

…LES PLUS BÊTES DU MONDE …

 

Selon la célèbre phrase de Guy MOLLET, nous aurions la droite la plus bête du monde. Or il nous semble que l’appréciation du leader socialiste était par trop restrictive et elle devrait englober toute la classe politique quasiment sans exception et peut-être bien faudrait-il l’étendre à une grande partie des électeurs car ils croient toujours aux lendemains qui chantent et autres promesses des candidats, pourvu qu’ils « parlent bien » et qu’ils présentent bien.

Nos politiciens sont préoccupés par l’immédiateté et sont incapables de voir plus loin que leur propre avenir en politique. Ils sont incapables de proposer un projet de société sur vingt ans et de nous l’expliquer dans un langage simple accessible à tous.

Au niveau national ils - mais « elles » aussi - n’ont toujours pas compris que la France est un pays à part, avec des problèmes très spécifiques et uniques en Europe et dont notre politique nationale doit tenir compte en refusant et réfutant toutes comparaisons avec nos voisins.

Notre pays est présent sur tous les continents et cette particularité nous coûte cher tout en nous assurant la première, ou la deuxième, place avec les USA en matière de zone d’exclusivité maritime. Cela fait que les 67 millions que nous sommes doivent assumer les mêmes charges que les 330 millions d’états-uniens. De ce fait nous avons la plus importante armée d’Europe et une force de frappe qu’il faut entretenir et maintenir à niveau.

Mais nous avons aussi un des systèmes de protection sociale les plus protecteurs ce qui nous différencie des autres membres de l’UE et du monde.

Plutôt que de tenir compte de ces réalités, nos politicien-ne-s font de la surenchère pour savoir qui proposera la plus grande baisse d’impôts alors que ce qui précède plaide en faveur d’un budget solide, conséquent et rigoureux.

Or ces baisses fiscales ne sont qu’un leurre car pour compenser l’attrition des moyens budgétaires le Gouvernement va privatiser de plus en plus et ce que nous ne verserons pas directement à l’État nous devrons le donner aux sociétés qui prendront en charges ces missions. Globalement cela ne coûtera pas moins cher, mais au passage ces sociétés et leurs actionnaires auront engrangé les bénéfices et les gouvernants pourront pavoiser en se vantant d’avoir fait baisser les impôts et les charges de l’État.

On vient de voir dans les propositions issues du « Ségur de l’Hôpital », qu’une partie importante des crédits sera versée aux hôpitaux qui relèvent du secteur privé alors même que les salaires de ces établissements sont bien supérieurs à ceux du secteur public.

Sous le prétexte d’attirer les investisseurs le Gouvernement a entrepris une grande campagne de baisse des charges pour les entreprises à seule fin de permettre à celles-ci d’augmenter les dividendes qu’elles versent à leurs actionnaires.

Depuis longtemps nos dirigeants, de gauche comme F. HOLLANDE* ou de droite comme E MACRON, sont des partisans des théories économiques de Milton FRIEDMANN, l’économiste préféré de D. TRUMP et dont la doctrine peur se résumer en une baisse drastique des interventions de l’État dans la gestion du pays, et dans la protection des intérêts du monde de l’entreprise.

On peut comprendre, au moins partiellement, cette doctrine mais il faut aussi préserver le futur de notre pays et pour cela, au lieu de distribuer des milliards en subventions souvent à fonds perdus, il serait nettement plus profitable de créer un fonds souverain à l’instar des autres pays qui ont, eux, pris conscience que l’avenir n’est pas assuré, comme la Norvège ou l’Arabie Saoudite par exemple. Nous avons bien une Direction des Participations de l’État, mais elle n’est qu’un élément de Bercy où il fait bon de faire joujou et nos dirigeants préfèrent le résultat immédiat à une action de longue durée comme pour le projet de privatisation d’ADP qui est une absurdité.

En 2008, alors que nos voisins britanniques sont entrés au capital des sociétés en difficulté ce qui a généré de confortables plus values, le gouvernement FILLON a préféré faire des prêts qui ont rapporté des clopinettes. Dans la situation de crise actuelle, il en est de même et plutôt que d’entrer au capital des sociétés à soutenir on leurs fait des prêts et on apporte une garantie d’État pour d’autres.

Selon nous, quasiment toutes les subventions devraient se traduire par une entrée au capital et une entrée dans le Fonds Souverain au moins pour tout ce qu est considéré comme stratégique.

Mais il serait aussi possible de créer une sorte de fonds souverain bis concernat le monde des PME et même du monde agricole où l’on pourrait acheter les terres et les louer aux exploitants. Mais surtout, il faut confier la gestion de ce Fonds Souverain à des gestionnaires confirmés à l’exclusion des Hauts Fonctionnaires qui considèrent cela comme un tremplin pour leur carrière.

En France nous nous heurtons à la volonté des gouvernants de vouloir gérer les entreprises dans lesquelles l’État est actionnaire. Comme si la gestion fine des entreprises faisait partie du cursus de l’ENA ! AREVA est un des exemples de ce qu’il ne faut pas faire.

Au niveau européen ce n’est pas mieux et on constate tous les jours que chacun des membres de l‘UE veut en tirer le maximum de profit alors que seule la réussite d’ensemble sera profitable à terme. Les PAYS-BAS sont le pays qui travaille le plus contre l’Europe. Le LUXEMBOURG, l’IRLANDE, MALTE, CHYPRE et d’autres n’ont toujours pas compris l’indispensable nécessité de s’épauler et que la seule réussite qui soit positive, est la réussite collective.

Certains pays achètent leur armement à l’étranger comme la BELGIQUE ou la POLOGNE, d’autres comme le Portugal, CHYPRE et MALTE vendent des passeports européens. L’ALLEMAGNE ferme une usine en France pour en délocaliser la production en CHINE et tout le monde pratique le dumping fiscale et social. ETC !

En fait on nous parle de l’Europe, mais jamais de quelle Europe nous avons besoin. Personne ne nous propose de modèle politique de l’Europe du futur.

Nous pensons et nous écrivons depuis très longtemps que cette Europe du futur ne pourra pas être jacobine pour la bonne et simple raison qu’elle devra tenir compte des spécificités de chaque pays membre et devra s’engager à les défendre ce qui oblige à définir, et certainement à revoir, clairement les niveaux de compétence entre l’UE, les pays, les régions et les collectivités locales. C’est pour la France dont le jacobinisme s’est accentué fortement avec E. MACRON, que ce sera le plus difficile. Pour d’autres dont la régionalisation – ou leur fédéralisme – est assez avancé, ce sera plus facile.

La difficulté réside dans la nécessité de mettre en place une autorité politique unique d’une part et de faire comprendre à tous les pays que notre avenir réside dans la réussite collective. Cette absence de vrai pouvoir politique et de solidarité intra européenne explique pourquoi tant les USA que la CHINE œuvre et réussissent au moins partiellement, à diviser les pays en passant des accords bilatéraux. La CHINE n’aurait jamais pu acheter le port du Pirée si l’UE avait fait preuve de plus de solidarité que d’intransigeance.

Avec ses 450 millions d’habitants, l’UE est la première puissance économique, mais elle reste un nain politique et militaire, et si rien ne bouge, s’il n’y a pas de prise de conscience individuelle et collective, l’UE éclatera et nous finirons colonisés par la CHINE ou les USA qui, ont besoin de nous pour écouler leurs productions. C’est juste une question de temps. Pour avancer nous devrions relancer la politique du serpent qui avait bien réussi avec le serpent monétaire. Cela nous permettrait d’aller vers un minimum d’harmonisation sans pour autant aller vers une uniformisation qui serai la mort de l’UE.

Dans le domaine militaire on parle de l’Armée Européenne en oubliant qu’elle existe déjà ! En fait ce sont toutes les grandes unités qui sont sous autorité OTAN pour emploi. Elles fonctionnent toutes selon les procédures OTAN c’est à dire que leur inter opérabilité existe ! Ce qui manque, c’est un ÉTAT-MAJOR strictement européen, or les officiers existent. Alors il faut prendre D. TRUMP au mot et augmenter la part de notre financement de l’OTAN afin d’en prendre le commandement.

Mais ce qui manque surtout, c’est une autorité politique unique dont les contours restent à définir !!

En attendant il faut œuvrer à la mise en place d’une industrie européenne de l’armement en la répartissant entre tous les pays.

Nonobstant les cries d’orfraies des uns et des autres, La FRANCE quant à elle devra mettre à disposition de l’UE sa force stratégique.

 

J.M. 10.07.20

 

* F. HOLLANDE a mis en place la complémentaire pour tous. Bonne idée au premier regard, sauf que cela n’a pas été étendu à la Fonction Publique et a surtout profité au puissant secteur de la bancassurance. En fait s’il avait voulu mettre en place un projet de gauche et ouvert à tous, il aurait simplement dû exiger des régimes généraux, CNAV et CNAM, de proposer un régime complémentaire pour tous. Les cotisations auraient été moins élevées et le service rendu plus rapide. Mais c’était trop simple, trop à gauche, et surtout contraire aux intérêts de la bancassurance qui aurait dû baisser ses tarifs pour s’aligner !

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