Gesticulations

depuis quelques semaines la Turquie fait des études océanographiques en mer Égée....

GESTICULATIONS

 

Depuis quelques semaines la Turquie fait des études océanographies en mer Égée afin de déterminer l’emplacement des réserves d’hydrocarbure qui y seraient enfouies.

Dans la mesure où les zones de recherche du navire turc se trouvent dans la zone économique exclusive de la Grèce, il est normal que celle-ci crie à la violation de ses droits maritimes.

Rien de plus normal alors qu’Athènes se tourne vers l’UE afin que celle-ci l’aide à défendre ses droits d’autant que la Turquie a dépêché des navires de guerre pour protéger son bateau de recherche.

Les protestations européennes sont relativement molles et seule la France monte vraiment aux créneaux avec des éléments de la Marine Nationale et quelques Rafales, ce qui permet à R. ERDOGAN de s’attaquer directement et avec virulence à E. MACRON.

En fait il ne s’agit en réalité que de gesticulations car pendant que l’on s’invective et que l’on joue les gros bras, les recherches continuent à la grande satisfaction des pétroliers qui ont pris des options sur l’exploitation future de ces richesses !

En outre, Ankara qui conteste les limites actuelles du droit maritime, a fait alliance avec la Libye qui elle les a reconnues afin de pouvoir exploiter les gisements en toute légalité. De son coté la Grèce a fait alliance avec l’Egypte pour une exploitation en toute sécurité !

Comme pour la seconde guerre d’Irak, ce sont les groupes pétroliers qui mènent la danse en sous main. Lorsqu’il y a un crime, on dit « chercher la femme », lorsqu’il s’agit de géopolitique, il faut dire « suivez l’odeur du pétrole » !

Par contre Recep ERDOGAN voit dans cette affaire une occasion de remettre en cause les limites maritimes existantes définies il y a un siècle ce qui lui permet de remuer le brouet nationaliste dans un pays où le feu prend très vite et d’agiter le souvenir de l’ancien empire ottoman.

On doit aussi se demander très sérieusement si l’incendie du camp de réfugiés de Moira sur l’île de Lesbos n’a pas été piloté depuis Ankara, tellement il tombe à point, histoire de créer un « second front » !

En fait R. ERDOGAN n’a pas grand-chose à craindre, car personne n’a levé le petit doigt lorsque la Chine s’est approprié les îles Spratleys et Paracelse en mer du sud au détriment de tous les autres riverains. Alors pourquoi se gêner !

 

J.M. 13.09.20

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