Campagne nucléaire

Assez curieusment, mais somme toute noramlement,la campagne ....

CAMPAGNE  NUCLÉAIRE

 

Assez curieusement, mais somme toute normal, la campagne pour l’élection présidentielle a pris un tour étranger et tous les candidats ont « nucléarisé » leur propos. Chacun un y va de sa solution, de sa proposition et le nombre d’EPR grossi presqu’à chaque discours.

À ce jour le maximum est atteint avec la proposition de 6 centrales EPR. On croit rêver !

Tous ces politiciens ne sont, selon nous, que des inconscients car aucun n’accompagne ses affirmations d’un éclairage sur le devenir des déchets issus de ces centrales.

Le président sortant a lancé l’idée de la construction de mini centrales ce qui va à l’encontre des « grosses » centrales de type EPR ce qui nous montre qu’il n’y a pas de réflexion sur cette question, car cela pose le principe d’une énergie centralisée face à une énergie répartie.

Cela fait des décennies que nous avons proposé l’idée  d’une production d’énergie répartie plus sure car à l’abri d’une coupure majeure du réseau de distribution. Il suffit de regarder le réseau de distribution issu de Flamanville pour comprendre que si une coupure devait se produire dans la presqu’ile du Cotentin, surtout lorsque l’EPR sera en fonctionnent, nous serions mal !  

En réalité, les mini-centrales existent déjà et ce sont les groupes équipant nos sous-marins et le Charles de Gaulle. Elles sont plus faciles à construire, à implanter et à protéger et nous maitrisons tant leur construction que leur fonctionnement.

Par contre, ce qui est oublié dans cette course à la centrale nucléaire, et c’est gravissime, c’est le sort réservé aux déchets issus de cette prolifération de centrales. Rappelons que la demi-vie du plutonium est de plusieurs milliers d’années ! Mais nos politiciens sont convaincus que ce n’est pas un problème !

Cela nous informe sur le degré d’irresponsabilité tant de nos candidats que des responsables en place. Ces derniers faisant depuis toujours une confiance absolue aux technocrates et au lobby du nucléaire, oubliant que le doute doit toujours être présent. En passant rappelons que nous avons eu un exemple significatif de cette irresponsabilité de nos hommes politiques lors de la pandémie où le Président se référait systématiquement aux avis de son conseil scientifique, oubliant que le décideur c’était lui et non le Conseil Scientifique.  

L’exemple catastrophique de « Stocamine », cet enfouissement dans les galeries abandonnées des anciennes mines de potasse au nord de Mulhouse de produits chimiques très hautement toxiques, aurait dû et devrait pourtant inciter les décideurs à beaucoup plus de prudence.

La solution consistant à réutiliser les enceintes de confinement pour y stocker les déchets n’a même pas été envisagée, elle ne rapporte pas assez et elle est trop simple, et il vaut mieux mettre en œuvre un enfouissement à Bure afin de permettre aux ingénieurs et à la caste des anciens de l’École des Mines qui composent majoritairement le lobby du nucléaire, de garder la main haute sur un projet jugé trop complexe pour être compris par les politiciens, béotiens par excellence !

Mais il y a aussi la menace de la filière actuelle nécessitée par la production de plutonium, élément indispensable à la fabrication de notre arsenal de la dissuasion nucléaire.

Et pourtant à l’aube du nucléaire, au début des années cinquante, nos chercheurs avaient commencé leurs recherches avec les centrales aux sels de thorium liquides, beaucoup plus sures tant dans leur fonctionnent que dans l’approvisionnement du combustible, plus abondant, moins cher et mieux réparti que l’uranium.  

Mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif…

 

J.M. 14.10.21     

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