Affaire HALIMI: un précédent dangereux

AFFAIRE HALIMI : UN  PRÉCÉDENT  DANGEREUX

 

En se prononçant pour une irresponsabilité pénale de celui qui a assassiné Sarah HALIMI, la cour de Cassation s’est engagée dans une voie dangereuse et porteuse de troubles pour l’avenir.

Selon les éléments du procès qui n’aura pas lieu, suite à la prise  Kobili TRAORÉ était sous l’emprise de bouffées délirantes ce qui abolissait son discernement.

En décidant qu’il ne fallait pas prendre en compte l’origine du trouble psychique, la Cour de Cassation a pris une décision très restrictive car elle permet de nombreuses dérives. Ainsi on pourra voir dans les années à venir des personnes se shooter à fond avant d’aller commettre le meurtre envisagé.

Et que dire de ceux qui se saoulent avant de prendre le volant ?

On peut se mettre en situation de non discernement en provoquant les « bouffées délirantes » amenant à un acte criminel.

À partir de combien de joints, combien de verres, combien de rails ou autre absorption de produits amenant à des « bouffées délirantes », notre discernement sera-t-aboli ?  

Il y a très longtemps que nous souhaitons que la Justice s’intéresse à la faute initiale, comme le font les arbitres de football avant de sanctionner une faute. Il faut prendre en compte les circonstances précédant le fait jugé et voir s’ils sont à même de favoriser l’acte concerné.

Se mettre volontairement et en pleine connaissance de cause en situation d’abolition du discernement et par là d’irresponsabilité pénale, doit être considéré comme de la préméditation et la personne jugée comme telle. On peut aussi et très facilement considérer que la prise des produits incriminés est nécessaire pour arriver aux bouffées délirantes et par elles à la perte du discernement qui elle entraine l’irresponsabilité pénale.

Cela doit être considéré comme éléments aggravant et non comme éléments absolvant.  

Dans les cas d’ivresse au volant, les patrons de bistrots qui ont servi à boire à une personne apparemment en situation d’ébriété, sont sanctionnés et parfois lourdement ce qui montre que la situation amenant au drame a été construite et parfois avec l’aide de complices.

Dommage que cela n’ait pas été pris en compte dans le dossier Sarah HALIMI, cette retraitée tuée et défenestrée par son voisin.

 

J.M. 15.04.21

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