L'art de la Politque

Suite au long marathon financier de Bruxelles tout le monde, comme d'habitude, a crié victoire.

L’ ART DE LA POLITIQUE

 

Suite au long marathon financier de Bruxelles tout le monde, comme d’habitude, a crié victoire. Ces manifestations publiques d’autosatisfaction sont habituelles et on les entend à chaque soir d’élection quand chacun déclare avoir gagné ! D. TRUMP s’en est fait le champion et tout récemment il a transformé verbalement le désastre de sa réunion publique de Tulsa en grande victoire.

Au pire c’est une victoire à la Pyrrhus, car les « frugaux », Pays-Bas en tête, ont obtenu un sérieux rabais de leur contribution au budget de l’UE, ce qui est une profonde défaite à l’instar du fameux « i want my money back » de Margaret THATCHER.

Même si ce n’était pas l’objet de la réunion, rien n’est fait pour modérer fortement la féroce concurrence intra communautaire en matière fiscale ce qui est un mauvais coup pour l’UE. Rappelons-nous que de nombreux groupes européens comme AIRBUS et Renault pour ne citer qu’eux, ont installé le siège de leur société tête aux Pays-Bas dans le seul but de profiter des dispositifs fiscaux avantageux développés par ce pays et par là faire un mauvais coup aux autres membres de l’UE en pompant une part de leurs revenus attendus.

La crise de la Covid devrait inciter Bruxelles à piloter une reconfiguration de l’espace économique et industriel de l’espace européen avec comme objectif un meilleur et plus rapide développement des pays de l’est en retard sur les autres, créant ainsi un déséquilibre dangereux et qui peut s’avérer mortel pour l’Union si rien n’est fait pour le réduire drastiquement. Si nous ne les aidons pas, d’autres le feront comme la Chine en Grèce et en Italie et la Russie qui aimerait bien reprendre pied dans les pays de l’ex URSS.

Mettre en place un dispositif législatif de réciprocité universelle afin de clarifier les relations internationales entre l’UE et le reste du monde, faire l’inventaire des insuffisances industrielles mises en évidence par la crise Covid et investir massivement dans les pays de l’est européen afin de les aider à progresser et à réduire l’écart existant entre les pays de l’UE. Deux dispositifs absolument indispensables.

Le SME (système monétaire européen) qui a remplacé en 1979 le serpent monétaire qui souffrait de quelques faiblesses, a permis d’installer une certaine harmonie financière entre les pays concernés avec l’Euro au bout du processus, devrait servir d’exemple dans tous les domaines. Alors utilisons des dispositifs semblables pour faire grandir l’Europe.

Le « frugaux », mais aussi les autres devront prendre conscience de l’indispensable solidarité intra européenne, terme qui devrait figurer dans la devise européenne « unité dans la diversité » (in varietate concordia) afin qu’elle prenne tout son sens et qu’elle puisse s’exprimer pleinement.

Pour y arriver il faut deux choses : - l’imagination et la volonté politique. Seront-elles au rendez-vous ?

 

J.M. 21.07.20

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