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En ce jour anniversaire de la tragédie d'AZF....

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En ce jour anniversaire de la tragédie d’AZF, nous devons regarder en face l’aspect « oublié » de cette gigantesque explosion alors que les raisons techniques ont été décortiquées, les aspects administratifs et politiques ont été pudiquement laissés de côté.

Si les dégâts hors site ont été tellement importants, c’est que d’année en année, les autorités administratives, maires en tête, ont autorisé, voire appelé de leurs vœux, la construction d’immeubles divers, maisons, écoles, routes et autoroutes jusqu’à venir sous les murs de l’usine. Petit à petit, la zone non construite laissée vierge de tout immeuble, a disparue. Et pourtant le site choisi pour sa construction était le site de l’ancienne poudrerie royale située à 3 km au sud-ouest de la ville, mais personne ne s’est interrogé du pourquoi de cet isolement de la poudrerie.

Avec le temps, en oubliant les explosions qui ont eu lieu sur le site de la poudrerie au cours des siècles précédents, la ville a grignoté l’espace laissé libre par mesure de précaution, au point de venir lécher les murs de la nouvelle usine construite en plein champs en 1927.

Cela met en évidence, une fois de plus la notion de responsabilité des édiles, des administrations en charge de la politique d’urbanisme des villes ainsi que des politiques qui les décident. Maires, directeurs de l’Équipement, Préfets et élus portent une lourde part des dégâts de l’explosion.

Mais comme on le voit avec la mise en examen de Mme BUZYN, ce n’est pas politiquement correct d’oser s’attaquer aux élus, aux hauts-fonctionnaires et aux responsables de haut niveau. Seuls les lampistes peuvent et doivent trinquer.

C’est triste et surtout révoltant !   

La classification des territoires en zones constructibles ou non, dépend souvent de critères plus que subjectifs pour ne pas dire autre chose et ceux qui prennent ces décisions s’en lavent les mains en se disant « après moi le déluge » sauf que parfois le déluge arrive plus tôt que prévu. Alors on s’en tire au mieux avec un « responsable mais pas coupable ». En l’occurrence, s’ils ne sont pas responsables de l’explosion elle-même, ils le sont pleinement des conséquences de celle-ci. Mais pas touche !

 

J.M. 21.09.21

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