Attention danger !

Le Président de la République a annoncé qu'il songeait à recourir à d'autres conventions citoyennes...

ATTENTION DANGER !

 

Le Président de la République a annoncé qu’il songeait à recourir à d’autres conventions citoyennes à l’instar de celle sur le climat qui vient de se terminer. L’idée n’est pas mauvaise en soi, sauf quelle peut devenir un vrai danger pour notre pays.

Comme nous l’avons écrit, le tirage au sort des 150 citoyens membres de la CCC n’a été qu’un leurre car le tirage au sort a été fait parmi un panel de 255 000 personnes, scientifiquement sélectionnés par une société spécialisée, et encore pas pour tous les membres puisque certains, en particulier ceux qui devaient mener les débats, ont été désignés d’office. En fait l’Elysée a tout fait pour avoir une convention au minimum consensuelle. Si demain on nous annoncera que l’équipe de France de football sera tirée au sort parmi les tous les licenciés de ce sport, personne n’y croira ! En effet le sélectionneur constitue son panel d’une trentaine de joueurs parmi lesquels il choisira le team final.

Cette manière de faire de la politique est solution bâtarde en raison du mode de désignation des membres de la Convention, mais aussi de la remise en cause de la légitimité des élus au suffrage universel et du fonctionnement des deux chambres où règne une réelle « dictature » des partis et de la discipline de groupe. Les élus ne sont pas libres de leurs votes et les whips veillent au grain !

Le principe de la convention citoyenne n’est pas mauvais en soi, mais il se heurte à une mise en oeuvre très contestable. Par ailleurs le Président MACRON, initiateur de l’opération, après avoir « dézingué » les partis traditionnels et ses interlocuteurs habituels, s’en prend à la Constitution en squeezant députés et sénateurs.

Peut-être serait-il plus constructif de laisser députés et sénateurs libres d’organiser leur travail et libres de leurs votes mais aussi de remettre en cause la véritable main mise de l’Elysée sur le fonctionnement de l’Assemblée Nationale.

Si la gestion directe comme cela se pratique, parfois, en Suisse peut paraître attrayant, il ne faut pas oublier que les deux pays ne sont en rien comparables.

J. M. 29.06.20

 

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