Double vague

Ce 28 juin le deuxième tour des municipales a vu la déferlante de deux vagues: celle des "verts" et celle des abstentions.

DOUBLE VAGUE

 

Ce 28 juin le deuxième tour des municipales a vu la déferlante de deux vagues : celle des « verts » et celle des abstentions.

Cette élection hors normes par bien des aspects est le résultat de la conjonction de plusieurs faits.

Il y a bien entendu la volonté présidentielle de maintenir une élection alors que la pandémie était annoncée et que le confinement aurait dû être décidé au moins trois semaines plus tôt. Certes il avait demandé l’avis du Conseil Scientifique et des leaders des divers partis politiques, mais son rôle, est de décider, de trancher et le décalage du confinement au lendemain du premier tour a été à l’origine de très nombreuses contaminations et de morts. Les continuelles indécisions d’E. MACRON n’ont pas incité les électeurs à voter pour les représentants de son parti.

Le mouvement des gilets Jaunes a été un premier et sérieux avertissement dont malheureusement il n’a pas été tenu compte et tous ceux qui ont manifesté, comme ceux qui ont subi les manifestations, sont restés sur leur faim. Bien qu’il ait dit à plusieurs reprises qu’il avait compris, qu’il avait changé, ces déclarations sont restées dans le domaine verbal et n’ont pas été traduites dans le concret du quotidien ni dans les projets macroniens. Il est très fort pour faire des discours lénifiants et des promesses alléchantes, mais cela ne se traduit pas en actes.

Il souffre aussi de l’impossibilité de trancher comme le montre l’emblématique affaire BENALLA dont la conclusion est reportée après la présidentielle de 2022, ou encore la longue valse hésitation et de la cacophonie de la crise de la Covid 19.

Par ailleurs les Français n’ont pas oublié qu’il avait promis une gouvernance horizontale et ils ont eu droit à un exercice jupitérien du pouvoir. Cette toute puissance de l’Elysée se ressent dans toute la vie politique de notre pays et cela rejailli jusque dans les rangs de la majorité où les députés grognent.

Cette élection municipale a aussi été l’occasion de remettre en cause le nouveau centralisme et le jacobinisme affiché par le Président. Cela a commencé par la remise en cause de la relative indépendance financière dont bénéficiaient les communes en supprimant la Taxe d’Habitation.

Cette impression plus que subliminale est confortée par une trumpisation d’E. MACRON qui fait de l’autosatisfaction en parlant de son « excellent bilan » et du « travail formidable » qui est fait. De temps en temps, il lui arrive même de copier la gestuelle trumpienne lors de ses apparitions publiques !

Au niveau de l’élection municipale proprement dite, il y a le rejet des accords politiciens qui ont été passés par les soutiens d’E. MACRON alors qu’on nous avait promis un « nouveau monde » loin des anciennes pratiques.

Cette élection donne l’impression que les Français pensent que le Président n’est pas « franc du collier » et que pour reprendre une expression de l’ancien monde, « il parle trop bien pour être honnête » ! Il est vrai qu’il utilise un vocabulaire, une phraséologie, qui font penser qu’il est d’un autre monde que le Français moyen.

Emmanuel MACRON donne la très nette impression qu’il n’est pas en phase avec les citoyens ni avec le pays.

 

J.M. 30.06.20

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