Relocalisation

Avant de parler de relocalisation, et afin de ne pas la louper, il faut s'interroger sur les causes de la délocalisation.

RELOCALISATION

 

Avant de parler de relocalisation et afin de ne pas la louper, il faut s’interroger sur les causes des délocalisations.

On évoque de nombreuses raisons qui ont amené aux délocalisations de très nombreuses entreprises de notre pays depuis 50 ans.

Parmi elles il y en a une, la seule fondamentalement vraie, le maintien des marges des entreprises et ce qui en découle, le versement des dividendes aux investisseurs. Il s’agit là de la loi fondamentale du capitalisme ou, pour être plus actuel, du libéralisme, qui veut que l’argent aille là où cela rapporte le plus. Sauf que dans notre pays où il n’est pas politiquement correct de parler argent, alors on parle de « compétitivité » ce qui dans les faits est la même chose.

Alors on explique aux salariés qu’il faut se serrer la ceinture, se sacrifier, pour rester « compétitifs » c'est-à-dire maintenir les revenus des actionnaires. Pour faire passer la pilule, l’Etat subventionne, finance des stages de reconversion et, comme dans le dossier de l’aéroport de Toulouse, permet l’écrémage des liquidités par l’actionnaire défaillant. En amont, on fait des cadeaux colossaux par centaines de milliards aux entreprises càd aux investisseurs par le biais de la suppression de l’ISF, l’instauration de la Flat Tax, la mise en place du CICE transformé en baisse pérenne de charges et la baisse des impôts de production.

On se garde aussi de dire et d’expliquer que in fine, c’est toujours le citoyen, le consommateur, qui par ses impôts directs et indirects, paye la note.

Pudiquement peut-être, on omet de dire que les délocalisations entamées il y a 50 ans ont aussi eu pour cause au moins partielle, la disparition de nos talents, de nos spécialistes suite à la transformation de notre société voulue par Jean-Pierre CHEVENEMENT et surtout par son successeur Lionel JOSPIN, qui on mis en place le remplacement des « cols bleus » càd les ouvriers professionnels, par les « cols blancs ». Cela a entraîné une évaporation de notre industrie au profit des métiers du tertiaire.

Cette modification de la formation entreprise dans l’Eduction Nationale à partir de la mise en place de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans, a atteint des sommets d’imbécillité lorsqu’on a supprimé la formation professionnelle en alternance qui était de règle depuis la fin de la guerre jusque dans les années 1970-80 et que l’on redécouvre depuis quelques années !

Mais il y a pire : on interdit à un apprenti de monter sur une échelle ou d’utiliser une machine au prétexte qu’il n’a pas 18 ans…alors que par ailleurs on veut abaisser l’age de la majorité à 16 ans et que depuis longtemps ils peuvent conduire des engins à moteur considérablement plus dangereux qu’une échelle, une perceuse à colonne ou un étau limeur !

Si on veut réussir la relocalisation, il est urgent de reconsidérer « la classe ouvrière » et sa représentativité au sein de la gestion des entreprises.

Ce n’est malheureusement pas à l’ordre du jour !

 JM. 30.09.20

 

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