Faut-il qu'Emmanuel Macron démissionne ?

A priori la réponse est oui. Emmanuel Macron fait désormais l'objet d'un rejet si général qu'il rendrait service à la République, dont il est président, s'il laissait sa place à un successeur. De plus, comme il y est autorisé par la Constitution, il devrait dissoudre l'Assemblée nationale, ce qui entraînerait automatiquement de nouvelles élections.

Mais que pourrait être personnellement ce successeur, et sur quelle majorité politique s'appuierait-il ? Les oppositions sont devenues si générales, allant de l'extrême droite à l'extrême gauche, qu'il paraît difficile aujourd'hui de les voir s'accorder sur un programme, et à plus forte raison de désigner des hommes politiques susceptibles de les représenter.

Peu importe. Certes un certain désordre pourrait momentanément en résulter, mais comme les citoyens dans leur très grande majorité détestent le désordre qui ne profite qu'aux casseurs de toutes origines, une majorité politique se dégagerait nécessairement lors des nouvelles élections. Cette majorité serait obligée de s'entendre sur un programme, sur des parlementaires et sur un Président de la République.

Il ne convient pas à ce stade de se demander ce que serait ce programme et qui seraient ses représentants. Cela ferait le jeu de l'actuel Président et de l'actuelle majorité parlementaire. Ils auraient beau jeu d'expliquer qu'ils doivent conserver le pouvoir, face à des oppositions dont ils dénonceraient l'incohérence.

Or, s'ils s'en allaient en laissant le vide derrière eux, et comme la nature a horreur du vide, cela ferait nécessairement émerger des solutions et des hommes ou femmes susceptibles de les mettre en œuvre. Il ne serait pas imaginable qu'un grand Etat comme la France, habitué depuis plus d'un siècle à la discipline républicaine tombe dans le désordre d'un pays du tiers monde.

Il est bon que chacun, et nous ici les premiers, discutions de ce que nous estimons être les problèmes et leurs possibles solutions. Mais ces discussions ne doivent pas faire oublier que la première des priorités doit la démission 

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