Le Brics+ à Xiamen du 3 au 5 septembre 2017. Rien de bien révolutionnaire

Cette expression de Brics+ avait été employée par le président chinois Xi pour saluer la participation à cette réunion de cinq nouveaux pays , la Guinée, le Mexique, la Thaïlande, le Tadjikistan et l'Egypte. Ceci dit, en dehors de ce fait notable, la déclaration commune des 5 pays fondateurs, Brésil, Russie, l'Inde, Chine et l'Afrique du Sud n'annonce que des décisions modestes.

Celles-ci seront certes prises en commun par les membres du Brics et s'appliqueront donc en principe à chacun d'eux. Pour les Etats-Unis, qui redoutent cette union de principe entre de grands pays décidés à échapper au dollar et mener ensemble de grands programmes d'infrastructure, il n'y a pas lieu de s'inquiéter, au moins dans l'immédiat.

«Nous nous sommes mis d'accord pour favoriser le développement des marchés des obligations en devises nationales des pays des BRICS, ainsi que pour créer un fonds d'obligations en devises nationales des BRICS » ont-ils déclaré. Ils se sont également mis d'accord pour utiliser leurs devises nationales pour les investissements entre BRICS, au lieu d'avoir recours au dollar. .Ces bonnes intentions n'inquièteront guère Washington et Wall Street. Le règne du dollar, au sein de la zone dollar qui inclut en tout ou en partie les économies des membres du Brics, ne sera pas vraiment menacé.

Aucune monnaie commune construite notamment à partir du rouble et du reminbi, n'est pour le moment envisagée. Un représentant russe a certes proposé la création d'une crypto-monnaie liée au Brics, qui pourrait être «  un instrument très demandé et devenir une bonne alternative au dollar et aux autres moyens de paiement». Mais une crypto-monnaie, du type du bitcoin, ou monnaie cryptographique est une monnaie électronique sur un réseau informatique pair à pair ou décentralisée basé sur les principes de la cryptographie pour valider les transactions et émettre la monnaie elle-même. Elle n'intéressera par définition qu'un nombre d'échanges limité. De plus elle risquera très vite, comme le bitcoin, d'être piratée par des hackers.

Nombre d'autres sujets sont soulevés par les représentants des BRICS dans leur communiqué final, telle que la crise nord-coréenne. Les cinq pays ont notamment « condamné» l'essai nucléaire conduit par Pyongyang, tout en soulignant la nécessité d'«un dialogue direct entre toutes les parties concernées qui serait, selon eux, le seul moyen de résoudre la crise. Mais Donald Trump n'étant pas membre du BRICS, ne tiendra sans doute aucun compte de ces bonnes intentions.

En outre, les BRICS ont appelé la communauté internationale à créer «une véritable coalition antiterroriste internationale», afin de lutter contre l'extrémisme «en conformité avec le droit international ».

Par ailleurs, les médias ont beaucoup insisté, non sans raisons, sur le fait que la rencontre avait permis à Narendra Modi et à Xi de convenir de se mettre d'accord sur la crise dite du Doklam, dans l'Himalaya.

 

 

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