Trump va-t-il envahir Cuba?

Les médias occidentaux auraient du s'étonner de constater que le FBI, invité par Raúl Castro à enquêter en profondeur sur les causes des troubles acoustiques ressentis par le personnel diplomatique de l'ambassade américaine à La Havane, n'avait rien trouvé.

Ceci malgré la totale liberté qu'il a eu d'enquêter, incluant l'appel à des spécialistes de l'ouïe et de la transmission du son. Quelques diplomates canadiens auraient souffert de troubles semblables.

Bien évidemment, Raúl Castro avait affirmé d'emblée que ni lui ni ses services n'avaient la moindre responsabilité dans cette affaire. D'autant plus qu'au moment où les relations américano-cubaines étaient en voie d'amélioration, à la satisfaction de deux parties, il n'aurait eu aucun désir de revenir à une situation de guerre froide. Mais bien évidemment aussi, personne aux Etats-Unis ne l'a cru.

A la suite de l'incident, le Département d'Etat a annoncé qu'il retirait 60% de ses diplomates à la Havane et invité les touristes américains à ne pas se rendre dans l'ile. Cuba n'a pris à ce jour aucune mesure de rétorsion.

L'organisation dite U.S. Foreign Service Association représentative des diplomates américains a vivement protesté contre la décision du Département d'Etat. De même les agences de voyages et compagnies aériennes, qui avaient transporté à Cuba plus de 600.000 touristes, ont indiqué qu'aucun d'eux ne s'était plaint de troubles analogues à ceux ressentis par les diplomates.

Rappelons qu'à la fin de 2016, une petite partie du personnel diplomatique américain à la Havane s'était plainte de nausées, maux de têtes et pertes d'audition. Le gouvernement américain avait indiqué qu'après examen, les individus concernés avaient souffert d'atteintes cérébrales faibles, de type post-traumatique.

Des hypothèses conspirationnistes ont suggéré que ces troubles avaient été provoqué par l'installation de matériels de nature encore inconnus, provenant soit de services cubains voulant revenir à l'époque antérieure à Obama, soit par des services américains ayant le même objectif, soit même par des agents russes. Mais aucune preuve précise concernant la nature de ces matériels n'a été apportée.

On peut légitimement s'étonner de constater que les services américains dotés des technologies les plus modernes pour détecter les évènements électroniques, quels qu'ils soient et où qu'ils se produisent, n'aient jamais pu ou voulu apporter la moindre preuve d'une agression cubaine. L'hypothèse d'une coup monté par ces services commence à se répandre.

Donald Trump pourrait parfaitement être à l'origine de ce coup. Manifestement, certains de ses conseillers ne se sont jamais satisfaits de la détente avec Cuba imposée précédemment par Obama. Il en a été de même du puissant lobby américano-cubain implanté à Miami. Le blocus convenait parfaitement à ses affaires.

On peut se demander si Trump ne prépare pas en fait une invasion et occupation de Cuba par des troupes américaines. Ce serait un exploit qui lui poserait moins de difficultés que l'occupation du Nord Vietnam.

 

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