Soft ou Hard Brexit ?

Manifestement la société britannique ne s'est pas encore résolue en profondeur à la perspective de voir le Royaume se retirer complètement de l'Union européenne, ce qui a été nommé le Brexit (British Exit).

 

Le gouvernement de Teresa May, qui est en charge sauf démission de diriger pendant de longs mois encore les négociations avec l'Union, semble de plus en plus divisé. Il y a ceux qui souhaitent conserver un temps indéterminé un certain nombre de liens avec l'UE (Soft Brexit). Il y a ceux au contraire qui souhaitent précipiter le mouvement, afin que la GB se reconstruise rapidement en dehors de l'UE (Hard Brexit).

Or le 9 juillet 2018, Boris Johnson en charge du Foreign Office a décidé de quitter le gouvernement. Il prend la suite de David Davis, ministre en charge du Brexit, qui avait démissionné la veille. Ils s'opposent à Teresa May en demandant une rupture nette avec l'UE.

Il est très difficile, surtout en France, de prétendre analyser les différents facteurs pouvant motiver pour les Britanniques un choix entre un Hard ou un Soft Brexit. Les raisons de ce départ lui-même n'ont jamais s été claires, vu l'aventure dans laquelle se lançait le Royaume en quittent l'UE. Manifestement, celui-ci n'a pas les moyens de se développer en puissance autonome entre l'UE, les Etats-Unis et l'Eurasie (Russie et Chine). Dès la Première guerre mondiale,du fait des pertes humaines et matérielles subies, l'Empire a du renoncer à son ambition des 2 siècles précédents (Brittany rule the world). Jusqu'à ces derniers mois, la Grande Bretagne n'avait conservé une certaine importance mondiale qu'en se faisant une fidèle représentante de Wall Street et du Pentagone.

Dans le domaine militaire, elle semblait avoir accepté des choix stratégiques et industriels communs avec la France, mais il s'agissait d'une posture n'allant pas au fond des choses. Par exemple en matière d'armements nucléaires ou d'équipement navals, elle n'avait jamais accepté des choix communs en profondeur qui en auraient fait sur le long terme une partenaire de la France. En ce qui concerne l'Otan, elle a toujours adhéré aux objectifs imposés par Washington, visant à mettre en place des moyens destinés à combattre victorieusement la Russie. Rien ne permet de faire penser que dans la cadre du Brexit elle accepterait sur ces points de prendre une certaine autonomie par rapport à Washington.

Nous sommes pour notre part persuadés que cette situation ne sera pas près de changer. Au contraire. Sorti de l'UE, Londres ne se distinguera pas de ce que l'on nomme le bloc atlantique. Les Travaillistes britanniques n'ont jamais proposé de changer un tant soit peu de politique. Les Etats européens devraient en tirer la leçon. Si à titre individuel ou dans la cadre d'une UE modernisée ils voulaient échapper à la domination américaine, ils ne pourraient jamais s 'appuyer sur la Grande Bretagne.

Beaucoup, notamment en Allemagne, pensent de même. L'avenir de l'Europe se jouera en fonction de ses rapports avec Moscou et Pékin. Pour eux, le choix entre Soft ou Hard Brexit n'est d'aucun intérêt à long terme. On peut penser qu'un De Gaulle, s'il vivait encore, partagerait ce point de vue.

 Voir http://www.wsws.org/en/articles/2018/07/09/brex-j09.html

 

 

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