Un silence cliniquement inquiétant.

Au soir du dimanche 09/12, le signataire de la présente courte note écrit, en son nom personnel, pour ne pas engager ses amis, que le silence obstiné de qui vous savez (pas de nom pour éviter les poursuites pour offenses) est tellement exceptionnel dans la vie politique qu'il conduit à se poser des questions elles-mêmes de nature exceptionnelle.

 

La France n'a jamais connu un responsable de ce niveau qui, après trois semaines de manifestations, reste enfermé non seulement dans son château, mais dans un tel silence.

Pourtant ses amis politiques, désemparés, ne cessent de se tourner vers lui pour lui demander de prendre enfin la parole. Ils ne savent pas trop comment réagir aux manifestations, dont l'ampleur les dépassent, sans se faire éventuellement reprocher de sortir de leur rôle pour se substituer au chef constitutionnellement désigné. La seul réponse qu'ils obtiennent est qu'il faut encore attendre. Le chef réfléchirait. Rien ne presse.

On imagine sans peine comment auraient réagi à des manifestations de cette importance de précédents chefs d'Etat français. Ils n'auraient pu s'empêcher de monter sur les barricades et d'y galvaniser leurs troupes pas de fortes paroles, fussent-elles vides de contenu profond faute de temps pour y réfléchir. On imagine sans peine aussi ce qu'auraient faits les homologues de l'intéressé. Même un Trump, à qui ses amis reprochent son indécision, aurait publié une succession de tweets vengeurs.

Lui-même n'a-t-il encore rien à dire ? Mais que fait-il à la place qu'il occupe, et entouré de conseillers plus compétents les uns que les autres ? Le responsable de l'arme nucléaire demanderait-il trois semaines pour riposter à une agression extérieure, susceptible de mettre en danger ou de paralyser le pays tout entier. Les Français mériteraient mieux.

L'hypothèse qui court désormais, non seulement dans les réseaux sociaux accusés de toutes les vilenies, mais dans le bouche-à-oreille des hommes politiques dont nous pouvons avoir connaissance, est que l'intéressé a véritablement paniqué. Arrivé sans expérience aucune à un poste dans lequel il avait précédemment d'ailleurs accumulé les bourdes, au grand désespoir de ses amis, il craindrait à juste titre de s'effondrer en prenant publiquement la parole.

Mais cette défaillance psychologique, pour ne pas employer des termes plus médicaux, justifie les appels à la démission qui fleurissent, non seulement sur les murs de l'Arc de Triomphe, mais dans tous les propos.

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