Le Mexique restera le paradis des cartels du crime organisé

Le nouveau président du Mexique, Andrés Manuel López Obrador, ou Amlo, dit de gauche, issu des élections du 1er juillet 2018, a succédé à Enrique Peña Nieto, dit de droite, membre du Parti révolutionnaire institutionnel, dont le nom est tout un programme. Amlo promet de changer le Mexique  en mettant l'accent sur la redistribution économique et la fin de l'impunité à l'égard de la corruption 1).

De plus, il s'affirme déterminé à lutter contre les cartels de la drogue et du crime organisé qui depuis des années, exercent réellement le pouvoir. Lorsque l'on connaît les liens de ces cartels avec leurs homologues des Etats-Unis, très bien représentés politiquement dans certains Etats américains, on peut douter de la capacité d'Amlo à tenir ses promesses. Ceci d'autant plus qu'à Washington, l'on considère que la criminalité institutionnelle régnant au Mexique aide à empêcher ce pays de se rapprocher éventuellement de la Russie et de la Chine dans le cadre d'un BRICS élargi.

Mais les vertueux ne doivent pas se faire d'illusions. Les connexions de parti d'Obrador avec les cartels mexicains de la drogue (cannabis, cocaïne, nouvelles drogues dures) sont d'autant plus inquiétantes que ces cartels ont pillé les magasins d'armement américains, ce qui leur donne des capacités pour développer des armes de destruction massive, et notamment l'arme nucléaire, afin d'étendre leur pouvoir.

Cette perspective est renforcée par les contacts extérieurs des cartels, notamment avec les terroristes islamistes (Daesh) du Moyen orient et de l'Europe. Le manque d'efficacité sinon la stupidité des services de sécurité américains est telle que selon un rapport de Judicial Watch  de juin 2016 2) , les armes utilisées lors des attentats de Paris de 2015 venaient des livraisons faites par des services américains de la lutte antidrogue aux cartels américano-mexicains, lors d'une opération secrète de tentative d'infiltration de ces cartels.

Aujourd'hui un long article du site non aligné international Disobedient Media revient sur cette question. Mais il souligne aussi les liens particulièrement nombreux du parti d'Obrador, le PRD (Parti de la Révolution Démocratique dont le nom est lui aussi tout un programme) et d'Amlo lui-même, avec les milieux mexicains infiltrés par les cartels de la drogue.

Nous ne pouvons évidement pas ici garantir que les accusations de cet article soient toutes exactes. Reste qu'il y a aujourd'hui de fortes présomptions pour que le Mexique sous la présidence d'Obrador restera le foyer le plus important où se concerteront les organisations mondiales du trafic de la drogue et du crime organisé, y compris celles visant à pervertir la Russie de Vladimir Poutine. Cela répétons-le, servira bien les politiques hégémoniques de l'actuel gouvernement des Etats-Unis.

Rappelons seulement que les 20 à 30% de la population, dans le monde entier, qui consomment de telles drogues et sont prêts à payer des prix élevés pour les obtenir, sont aussi responsables que les cartels de l'explosion mondiale de la criminalité.

Références

  1. Voir un article de RFI datant du 2 juillet http://www.rfi.fr/ameriques/20180702-mexique-lopez-obrador-le-plus-dur-reste-venir

  2. http://archive.is/PZEry

  3. https://disobedientmedia.com/2018/10/do-mexicos-cartels-have-wmds/

 

 

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