La Métropole doit protéger d'urgence la Martinique et la Guadeloupe

Lors de son passage à St Martin et St Barthélemy le 12/09, Emmanuel Macron à évoqué une reconstruction rapide. Ceci ne suffit pas.

 Selon LCI http://www.lci.fr/societe/en-direct-ouragan-irma-la-venue-de-macron-irrite-certains-habitants-de-st-martin-et-st-barthelemy-2063533.html: Arrivé à St-Martin en milieu d'après-midi, heure de Paris, le chef de l'Etat s'est rendu auprès de victimes de la catastrophe. Auparavant, il avait appelé à "rester dignes" et avait promis un plan de reconstruction rapide de l'île.

Les habitants ont reproché à l'Etat, et par conséquent à Macron, un manque d'anticipation concernant les risques de cyclone et les destructions pouvant en résulter. Il est exact que nul n'avait prévu l'arrivée d'un cyclone de l'ampleur d'Irma. Cela peut s'excuser dans la mesure où c'est la première fois qu'un événement de cette nature se produisait. Il est bien connu que les gouvernements, dans n'importe quel pays, ne peuvent prévoir le pire et surtout se garantir à l'avance des conséquences qui en résulteraient si ce pire se produisait.

En l'espèce, reconstruire est bien, mais il faut faire beaucoup plus. Dorénavant tous les scientifiques prévoient que, en conséquence du réchauffement climatique, des cyclones de catégorie 5, la plus dangereuses, affecteront de plus en plus la zone des Caraïbes. Inévitablement, la Guadeloupe et la Martinique seront un jour frappées de plein fouet. Si rien n'est prévu pour protéger la populations des iles, ce pourrait être des milliers de morts qui en résulteraient. La métropole sera donc inexcusable si elle ne fait rien, sans attendre, pour parer au pire.

Que faire? Pour parer au plus pressé, il faut construire un nombre suffisant d'abris en béton et acier capables de résister à des vents de 300 km/h et pouvant recevoir la totalité de la population. Il faut aussi mettre en place des réseaux d'eau et de communication capables de résister tant aux vents qu'aux inondations. Il faudrait sans doute aussi stocker d'une façon protégée un certain nombre de produits d'urgence, aliments et médicaments.

Même en se limitant au minimum, un tel programme nécessiterait dès maintenant des crédits, difficiles à chiffrer, mais d'au moins 5 à 10 milliards d'euros. De telles sommes ne peuvent être obtenues rapidement sans économies drastiques imposées au budget public. Il est prévisible que tous les intérêts touchés protesteront, mais l'Etat, le président de la République en premier lieu, auront le devoir de les faire taire.

C'est un discours de cette nature que l'on aurait attendu d'Emmanuel Macron, plutôt que des appels à rester digne.

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