Pour cela, au prétexte de combattre l'EI, Donald Trump cherche à relancer sa guerre contre l'Iran. Mais par ailleurs il continue à poursuivre le renversement de Bashar al Assad et la déconfiture de la Russie, alliée de celui-ci et désormais devenue un véritable arbitre dans ce que l'on pourrait appeler un nouveau « Grand jeu ». Derrière cette première phase se prépare un conflit avec la Chine. Ce faisant, Donald Trump cherche plus que jamais par la surenchère à échapper aux critiques de l'« establishment » américain qui continue à rechercher sa destitution au prétexte qu'il serait resté une marionnette de Poutine.

Il ne faut pas s'illusionner. Les succès célébrés avec bruit par les médias occidentaux et remportés contre l'EI par la coalition américano-arabe à Mossoul et sans doute bientôt à Raqqa sont certes une bonne chose. Mais ils ne doivent pas cacher que la coalition laisse à l'EI la possibilité d'échapper à son anéantissement. Des couloirs sont ménagés pour permettre aux plus dangereux des djihadistes de sortir de ces villes et de se répandre, pour y continuer leur guerre, dans le reste du Moyen-Orient, notamment en Iran, en Europe et en Russie. Dans un premier temps, les djihadistes rejoindront leurs homologues combattant les forces gouvernementales (syriennes) actuellement en voie de reprendre un contrôle total de la ville de Deir ez-Zor, dans l'est de la Syrie.

La stratégie américaine est clairement exposée dans un article de Anne Barnard dans le New York Times, référencé ci-dessous. L'auteur, probablement agent de la CIA, s'est toujours efforcée de défendre la politique américaine visant à armer des « rebelles modérés » en vue de faire tomber l'Etat syrien de Bashar al Assad. Ceux-ci, comme nul ne devrait l'ignorer, sont des djihadistes n'ayant rien de modéré, qui se mettent au service de la politique américaine.

Dans son article, Anne Barnard ne cache pas, sous des propos faussement anodins, que derrière une guerre contre l'EI, les Etats-Unis entendent mener une guerre contre l'Iran, et plus largement contre un éventuel Croissant chiite unissant Iran et Damas, considéré par les monarchies sunnites du Golfe, alliées des Etats-Unis, comme un danger mortel. Comme indiqué plus haute, la cible principale est la présence russe dans la région.

L'article du New York Times ne fait aucun mystère concernant la politique américaine. «  Qui dominera la région? Des forces alliées à l'Iran et à la Russie, ou bien les Etats-Unis? ». Vouloir répondre à la question ne peut que faire courir le risque d'une prochaine confrontation armée entre les Etats-Unis et la Russie

Référence

Beyond Raqqa, an Even Bigger Battle to Defeat ISIS and Control Syria Looms
par Anne Barnard 10 juin 2017
https://www.nytimes.com/2017/06/10/world/middleeast/syria-raqqa-islamic-state-isis-deir-al-zour-iran-russia-united-states.html

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.