Porto Rico et les Antilles françaises

Lorsque les iles françaises des Antilles, St Martin et St Barthélémy, ont été dévastées par deux ouragans successifs, la métropole a fait ce qui s'imposait. Elle a engagé des budgets de reconstruction de plusieurs milliards. Même si ceci est encore jugé insuffisant, on peut espérer que le nécessaire sera fait.

Ce sera évidemment le budget national, c'est-à-dire l'ensemble des contribuables français, qui participera à la reconstruction. Par ailleurs les secours d'urgence ont été organisés, afin que les sinistrés ne vivent pas plusieurs semaines sous la tente.

Les habitants de l'le des Antilles américaine Porto-Rico, considérée par la Fédération comme un Etat Libre Associé, n'ont pas la même chance. Les Porto-Ricains qui se félicitaient jusqu'à présent d'être des citoyens américains, constatent qu'ils ne le sont pas. Trois semaines après que l'ouragan Irma ait presque détruit l'ile, leur situation demeure désastreuse. Des milliers d'entre eux restent entassés dans des baraquements d'urgence à San Juan. 10% seulement d'entre eux ont l'électricité, selon la Puerto Rico Electric Power Authority..

Les services de santé craignent par ailleurs le développement de nombreux problèmes sanitaires, tenant à la pollution des eaux et au transport de germes infectieux notamment du fait du vent et des eaux. Ainsi des cas de Leptospirose, maladie pouvant être mortelle et diffusée par l'urine de rats infectés, ont été signalés. Le bilan officiel des morts est pour le moment de 50, mais la disparition de liaisons téléphoniques dans certaines régions éloignées font craindre un chiffre bien plus élevé.

La fédération a apporté une certaine aide, jugée totalement insuffisante. Mais ceci n'a pas empêché Donald Trump d'affirmer dans la nuit du 12 au 14/10, que celle-ci ne « pourra pas être éternelle ».

« Nous ne pouvons pas garder la Fema (l'agence de gestion des situations d'urgence), l'armée et les secours éternellement à Porto Rico ». Il a par ailleurs accusé les administrations locales d'incompétence, faute qu'elles aient su prévoir les réactions à une catastrophe de cette ampleur.  

16 milliards de dollars avaient été précédemment alloués à l'ile, mais il s'agissait de sommes n'allant pas aux habitants. Elles serviront à diminuer la dette de l'ile, jugée colossale. Autrement dit, elles profiteront essentiellement aux banques américaines préteuses, qui commençaient à se demander si elles pourraient jamais être remboursées. La décision que vient de prendre la Chambre des Représentants afin de venir en aide aux Etats touchés par l'ouragan Harvey n'alloue que 1,5 milliard à Porto Rico.

Tromp avait déjà soulevé l'indignation en arrivant à l'ile le 3 octobre. Il avait déclaré que porto Rico déstabilisait le budget américain (dont, rappelons-le, le budget de défense est au miimum de 700.000 milliards de dollars).

 Les autorités portoricaines ont réagi. Le gouverneur Ricardo Rossello a notamment rappelé que les Porto-Ricains étaient des citoyens américains. La maire de la capitale San Juan, Carmen Yulin Cruz, s'est montrée plus virulente : « vos commentaires à propos de Porto Rico sont indignes d'un commandant en chef, ils semblent provenir davantage d'un haineux en chef ».

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