Trump et l'Iran

Washington vient d'annoncer qu'il se retirait de l'accord dit 5+1 avec l'Iran, par lequel ce pays acceptait de renoncer à l'arme nucléaire, sous contrôle international, en contrepartie d'une levée des « sanctions » décidées par ce même Washington.

Conclu à Vienne en juillet 2015 par l'Iran avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), plus l'Allemagne, le Plan global d'action commun (PGAC) prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de la garantie que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique.

Cela faisait quelques semaines que Donald Trump avait fait prévoir ce retrait d'un accord qu'il prétendait « mal fait ». Mais les observateurs internationaux affirment que l'Iran respecte strictement les termes dudit accord.

L'on s'interroge dans les chancelleries. S'agit-il d'un premier pas vers une guerre américaine contre l'Iran, annoncée dès avant son élection par Trump ? Cette guerre, provoquant quasi inévitablement une riposte russe, pourrait conduire à une guerre mondiale.

Le risque existe. Même le quatuor de généraux exerçant un contrôle permanent sur les décisions de Trump s'en inquiètent. Ils discutent de plus en plus de la possibilité de forcer Trump à démissionner, au vu de ses décisions irresponsables.

En attendant, la décision américaine de retrait ne pourra que consolider l'accord entre pays chiites et Moscou, rejoint par de plus en plus de pays sunnites. Cet accord fait de Vladimir Poutine, comme nous l'avions précédemment indiqué, l'arbitre incontesté au Moyen-Orient.

Seul Israël, enfermé dans une alliance suicidaire avec les Etats-Unis, peut se réjouir du retrait américain.

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