Catastrophe climatique. Faut-il s'en inquiéter?

Les émissions de gaz carbonique dues à l'activité humaine vont augmenter de 2 % en 2017, alors qu'elles étaient stables depuis 2014, selon une étude présentée le 13 novembre à la COP23, à Bonn, par un consortium international de scientifiques, le Global Carbon Project, GCP.

 

Voir http://www.globalcarbonproject.org/

Le consortium publie simultanément trois articles dans les revues Nature Climate ChangeEnvironmental Research Letters et Earth System Science Data Discussions.

On lira sur ce sujet un article bien documenté de Michel de Pracontal dans Médiapart https://www.mediapart.fr/journal/international/141117/vers-un-record-des-emissions-de-co2-en-2017

Mais une revue rapide via les moteurs de recherche des articles publiés en réaction au rapport du GCP, semble montrer, autant que l'on puisse juger, que celui-ci n'a suscité encore que peu de réponses venant des « décideurs », qu'ils soient gouvernementaux, politiques où qu'ils représentent les grandes entreprises mondiales responsables de ces émissions. Si jamais une prise de conscience se faisait dans les prochaines décennies, il serait trop tard.

Dans une étude datant du 22/09/2015 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2015/161/avenirfrance.htm nous avions présenté trois scénarios d'avenir intéressant à échéance de 2045 non seulement la France mais le monde. L'un de ceux-ci, intitulé le scénario noir, évoque les différentes causes susceptibles de provoquer des catastrophes majeures pouvant entrainer la disparition des civilisations actuelles à échéance d'un siècle ou deux. Parmi ces causes, le changement climatique résultant principalement de la production en excès des gaz à effets de serre joue un rôle essentiel, mais il n'est pas le seul. Il est cependant le plus important. Il est aussi le plus probable.

Or, comme le montre le rapport du Global Carbon Project, on peut difficilement espérer aujourd'hui que les décideurs prendront en temps utile les mesures de prévention nécessaires. Celles-ci menacent directement les activités dont ils tirent pouvoir et profits. S'ils réagissaient, ils le feraient de toutes façons trop tard pour éviter des évolutions catastrophiques irréversibles.

L'indifférence

Quant à l'opinion publique, où que ce soit dans le monde, autant que l'on puisse savoir, elle se répartit en deux grands groupes, les incrédules pour qui ces prévisions émanent de scientifiques malveillants, et ceux qui voudraient – ce que serait plus efficace – que des mouvements collectifs de citoyens se mettent en place pour agir sur les décideurs. Mais ceux qui recommandent de tels mouvements le font sur le mode du « il ni-à-qu'à » totalement irréaliste au regard de ce que l'on sait de l'évolution de l'opinion mondiale. Celle-ci risque de n'écouter toujours, comme l'expérience l'a montré jusqu'à ce jour, que les voix allant dans le sens de la facilité et refusant de voir les difficultés immenses à surmonter pour faire changer les points de vue collectifs à l'échelle du monde.

Il n'en résultera pas de conséquences évidentes dans la vie des humains de plus de 40 ans. Ils peuvent donc réagir par l'indifférence. Mais ceux qui procréent aujourd'hui devraient s'interroger sur l'opportunité de le faire, compte tenu des menaces pesant sur leurs enfants et petits enfants. La chose est évidemment impossible. L'humanité est comme toutes les autres espèces, incapable de contrôler sa reproduction. Les humains se reproduisent, selon l'expression, comme des lapins, jusqu'au jour où ils découvrent qu'ils ont désertifié les prairies dans lesquelles ils vivaient. Alors ils disparaissent.

 

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