Il y a 12.800 ans une vague de chaleur catastrophique

Les chutes d'astéroïdes provoquent des vagues de chaleur entraînant des extinctions massives

 Il est aujourd'hui admis par presque tous les paléontologistes que la disparition des dinosaures à une date d'approximativement 66 millions d'années (transition crétacé-trias) avait été provoquée par les changements climatiques ayant très rapidement suivi la chute d'un astéroïde dans le golfe du Mexique 

Aujourd'hui des géologues de l'Université de Santa Barbara et des collègues, ainsi qu'un paléontologiste chilien nommé Mario Pino, considèrent qu'un fragment de comète s'étant écrasé sur la Terre il y a 12.000 ans environ en Patagonie avait provoqué sur le continent des incendies de grande ampleur de la biomasse et un brutal réchauffement climatique. Il s'en serait suivi une extinction de la mégafaune de l'Amérique Latine, une baisse soudaine de la population humaine établie sur ce continent et un recul des glaciers.

D'autres fragments de cette même comète auraient touché l'Amérique du Nord, l'Europe et une partie de l'Asie. Il en serait résulté un réchauffement subit dans l'hémisphère nord, de moindre ampleur mais non sans conséquences sur la faune et la flore, comme l'ont montré de nouvelle études des restes fossiles et des couches sédimentaires dans ces régions. L'hypothèse est désormais nommée Younger Dryas Impact Hypothesis.

L'hypothèse d'un impact météoritique n'avait cependant pas été généralement prise en considération, vu la difficulté d'identifier des cratères d'impact. La découverte qui vient d'être faite d'un cratère de 31 km sous la glace du Groenland, qui aurait pu résulter de la chute dans cette région d'un autre fragment de cette même comète, semble confirmer l'hypothèse.

L'article référencé ci-dessous publié dans Nature étudie les conséquences d'un impact cosmique récemment découvert au sud de l'Amérique Latine. Il se serait produit il y a environ 13.000 ans et aurait pu produire les incendies géants et les conséquences sur la faune et la flore constatées en ces lieux et à cette époque.

Ceci ne veut pas dire que le réchauffement de la température du globe aujourd'hui constaté et résultant principalement de l'activité humaine n'aurait pas les mêmes conséquences catastrophiques dans une durée de temps à peine plus longue.

Reférence 

Article dans Nature 13 mars 2019  Sedimentary record from Patagonia, southern Chile supports cosmic-impact triggering of biomass burning, climate change, and megafaunal extinctions at 12.8 ka

Abstract

The Younger Dryas (YD) impact hypothesis posits that fragments of a large, disintegrating asteroid/comet struck North America, South America, Europe, and western Asia ~12,800 years ago. Multiple airbursts/impacts produced the YD boundary layer (YDB), depositing peak concentrations of platinum, high-temperature spherules, meltglass, and nanodiamonds, forming an isochronous datum at >50 sites across ~50 million km² of Earth's surface. This proposed event triggered extensive biomass burning, brief impact winter, YD climate change, and contributed to extinctions of late Pleistocene megafauna. In the most extensive investigation south of the equator, we report on a ~12,800-year-old sequence at Pilauco, Chile (~40°S), that exhibits peak YD boundary concentrations of platinum, gold, high-temperature iron- and chromium-rich spherules, and native iron particles rarely found in nature. A major peak in charcoal abundance marks an intense biomass-burning episode, synchronous with dramatic changes in vegetation, including a high-disturbance regime, seasonality in precipitation, and warmer conditions. This is anti-phased with northern-hemispheric cooling at the YD onset, whose rapidity suggests atmospheric linkage. The sudden disappearance of megafaunal remains and dung fungi in the YDB layer at Pilauco correlates with megafaunal extinctions across the Americas. The Pilauco record appears consistent with YDB impact evidence found at sites on four continents.

 

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