Augmentation rapide de la criminalité géorgienne en France

On lit dans une note d'information du Ministère de l'Intérieur français, ces constats inquiétants concernant l'augmentation de la criminalité géorgienne en France. Extraits :

 

Dominés par les clans de "Kutaisi" et de "Tbilissi", les groupes géorgiens sont incontestablement les organisations criminelles russophones les plus actives en France. Ces dernières années, la criminalité géorgienne s'est insidieusement déployée en Europe. Dans une logique de conquête de territoires, elle ne cesse de se développer et d'étendre ses activités. Solidement et durablement implantée au sein des grandes agglomérations, elle est le fait de multiples groupes de délinquants spécialisés, tous rattachés à une autorité régionale, elle-même chargée de collecter et de verser "l'obschak"  aux structures supérieures, jusqu'au niveau des "voleurs dans la loi" .

La hausse de la criminalité organisée géorgienne sur le continent européen (Italie, Espagne...) ainsi que la volonté affirmée de ces groupes d'étendre leurs activités criminelles à d'autres territoires constituent un défi d'envergure pour la sécurité intérieure. Pour ces raisons, elle requiert au plan national, une sensibilisation croissante des services répressifs et judiciaires sur son organisation et son fonctionnement. Sur le plan international, le renforcement d'une collaboration entre les pays ciblés s'avère fondamentale, d'autant que l'évolution du cadre législatif en Géorgie, pourrait avoir pour conséquence un accroissement de la menace de la criminalité organisée géorgienne et de son ancrage sur le territoire national.

Rappelons que la Géorgie est un pays d'environ 4 millions d'habitants. Elle est située au pied du Caucase,  sur le rivage oriental de la mer Noire, à la limite de l'Europe et de l'Asie.

Sur le plan politique, sous la pression des Etats-Unis et de l'Otan, elle avait obtenu l'évacuation des bases russes qui subsistaient sur le territoire géorgien. Mais ceci a entretenu l'espoir d'une reconquête de la région séparatiste d'Ossétie du Sud, lequel a conduit à la guerre russo-géorgienne d'août  2008.

Cette guerre, perdue par la Géorgie, a eu pour conséquence la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossetie du Sud et de l'Abkhazie. Pour compenser, la Géorgie avait signé un accord d'association avec l'Union européenne en juin 2014. L'Allemagne et la France s'étaient opposées à son entrée.

Bien leur en avait pris. Avec le départ de l'armée russe qui organisait un minimum de police, les gangs maffieux présents dans tout le Caucase ont proliféré en Géorgie. Ces maffias ont renforcé leurs relations avec les maffias européennes, notamment en Italie, mais aussi dans le midi de la France. Elles vivent très largement de l'aide qu'elles apportent aux nombreuses entreprises européennes désirant recycler les bénéfices considérables que celles-ci obtiennent de la fraude fiscale. En dehors en effet de la petite criminalité provenant des ressortissants géorgiens implantés en Europe, elles bénéficient d'une grande tolérance des services répressifs de l'Union européenne. On peut penser que les intérêts américains plus que jamais désireux de s'implanter en Europe voient ceci d'un bon œil.

C'est pourquoi il faut s'étonner, sinon s'indigner, de la volonté, entre autres, du gouvernement français refusant de porter au niveau nécessaire les effectifs de la justice et de la police, ainsi que leurs moyens de fonctionnement. Compte tenu d'une recrudescence de la grande criminalité maffieuse, ces effectifs devraient en effet être considérablement augmentés. La note du ministère de l'Intérieur français précitée ne fait évidemment pas allusion à cette exigence.

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