Trump s'oppose directement à l'Etat profond américain (Deep State)

Donald Trump a surpris beaucoup d'observateurs en s'accordant lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki le 17/07, sur une constatation implicite de bon sens. Si les Etats-Unis et la Russie, deux puissances nucléaires dominantes, ne s'accordent pas pour éviter la guerre entre elles, ce sera la fin du monde.

Alors que le complexe militaro-industriel américain (Deep State) attendait de lui qu'il provoque Vladimir Poutine en lui reprochant une prétendue immixtion dans la vie politique américaine, il n'a absolument pas repris ces procès d'intention. Il a discuté sérieusement avec le président russe des façons pour les deux pays de s'entendre à long terme sur des questions vitales pour le monde, ceci en renonçant aux confrontations militaires.

Il ne pouvait pas ignorer qu'il serait immédiatement présenté par les responsables politiques américains comme une « créature » de Moscou. Il était suffisamment informé du fait qu'en s'opposant directement au Deep State, il risquait une destitution immédiate, voire un assassinat.

Ces derniers mois, il avait beaucoup déçu les mouvements pacifistes, y compris aux Etats-Unis, en se faisant passivement le porte parole du Deep State sur des questions aussi importantes que le conflit au Moyen Orient ou la confrontation avec la Chine. Avait-il jusqu'ici renoncé à prendre le risque d'un affrontement direct avec le Deep State ? Attendait-il la réunion depuis longtemps prévue avec Poutine pour entrer dans l'histoire en discutant avec lui calmement des moyens de maintenir la paix plutôt que le menacer des foudres déchaînées de l'appareil militaire américain, dont on sait que les moyens correspondent à plus de 15 fois ceux des forces armées russes ?

On ne saura sans doute jamais pour quels motifs Trump s'était résolu à affronter les forces bellicistes américaine ni les intérêts puissants qui ont mis ces forces à leur service. Agissait-il en fonction d'un raisonnement de bon sens ou s'agissait-il d'une nouvelle foucade de sa part ? On peut cependant penser qu'il n'a pas agi entièrement de son propre chef. Pour des raisons politiques voire électorales, il a entendu donner satisfaction aux innombrables mouvements pacifistes américains, jusqu'ici presque silencieux, qui continuent à le soutenir envers et contre tout. Il s'agit d'une très bonne nouvelle.

L'exemple donné par Trump devrait être repris par tous ceux qui en Europe et particulèrement en France, médias compris, vivent d'un anti-poutinisme systématique. Leurs opposants, qui défendent timidement la nécessité d'un accord durable avec la Russie, et qui sont constammen traités d' « agents de Moscou », devraient prendre le courage de mieux se faire entendre.

Références.

Sur la rencontre Trump-Poutine, que nous ne commenterons pas ici car suffisamment d'informations à son propos ont circulé, on pourra lire dans l'immédiat:

https://www.wsws.org/fr/articles/2018/07/17/pers-j17.html
http://www.dedefensa.org/article/le-temps-de-la-derision
https://www.nytimes.com/?nytmobile=0&referrer=
https://mobile.lemonde.fr/donald-trump/article/2018/07/17/sommet-d-helsinki-donald-trump-denigre-par-les-medias-americains-y-compris-fox-news_5332728_4853715.html

 Note au 18/07

Comme on pouvait le craindre. Donald Trump est revenu sur son discours dès son retour aux Etats-Unis. Il a quasiment affirmé qu'il n'avait pas tenu les propos qui lui avaient été prêtés. Autrement dit, le Deep State a repris la main. Il fallait s'y attendre, vu l'inconsistance du personnage. Cependant ce qui a été dit ne pourra pas être entièrement retiré. 

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