Astronomie. Future exploration de Vénus ?

On considère généralement que Vénus, la planète la plus proche du Soleil après Mercure et avant la Terre, pourrait fournir un exemple de ce que deviendrait celle-ci si elle expérimentait un processus de réchauffement climatique devenu incontrôlable.

Aussi, l'un des projets à l'étude à la NASA , dit HAVOC, ou High Altitude Venus Operational Concept consisterait à envoyer un ballon statique dans les hautes couches de l'atmosphère de Vénus, aux alentours de 60 km d'altitude, pour observer de près ce qu'est devenue Vénus aujourd'hui. De nombreux enseignements pourraient en être tirés, notamment concernant la possibilité d'éviter sur Terre un cataclysme analogue.

Aujourd'hui, Vénus est considérée par les astronomes comme « un enfer ». Une atmosphère composée de gaz hautement corrosifs, des pressions considérables à la surface, d'une température supérieure à 460°. C'est la température de fusion, suivie de vaporisation, de nombreux métaux. Les gaz de l'atmosphère sont constitués à 96% de CO2, à 3% d'azote et à 1% environ d'acide sulfurique.  C'est cet acide qui forme des nuages renvoyant la lumière solaire et donnant à Vénus sa luminosité, ne lui permettant pas d'être observée directement. La surface présente d'immenses plaines de type basaltiques, entrecoupées de vastes régions montagneuses.

Bien évidemment, HAVOC n'aura pas pour objectif dans un premier temps de débarquer des humains sur Vénus. Elle utilisera les hautes couches atmosphériques comme base d'explorations plus approfondies. Les ballons seront conçus pour séjourner en haute atmosphère le plus longtemps possible. A ces altitudes la pression et la teneur en eau sont voisines de celles se trouvant sur la Terre. D'éventuelles explorateurs n'auraient pas besoin de tenues très différentes que celles utilisées dans la mission sur la Lune. La radiation solaire sera suffisante pour faire fonctionner des générateurs d'électricité. Le ballon pourra être gonflé d'air atmosphérique terrestre, moins dense que l'atmosphère vénusienne, et lui donnant sa flottabilité. Un peu de ce gaz pourrait être utilisé pour alimenter en air les explorateurs.

Le ballon (ou groupe de ballons), constitué de matières hautement résistantes à la corrosion, dérivera un temps indéterminé dans la haute atmosphère, poussé par les vents y régnant.

La mission Magellan de la NASA avait précédemment cartographié certaines zones de la surface à l'aide de radars. L'URSS, dont on ne se lassera pas d'admirer les avancées technologiques y avait envoyé divers sondes dans le cadre de la mission Venera.

HAVOC recherchera si des formes de vie, notamment bactériennes, existent dans la haute atmosphère, telles l' Acidianus infernus. Il va de soi que des réponses positives feront faire un bond considérable aux recherches sur la vie extraterrestre. Ajoutons que dans la pire des hypothèses de réchauffement climatique terrestre, de telles formes de vie pourraient être les seules échappant à la destruction.

Ajoutons que le budget de la NASA est infime au regard des dépenses militaires des Etats-Unis. Si quelques unes des dizaines de milliards de celles-ci avaient été affectées à la NASA, HAVOC ne serait pas un projet, mais depuis longtemps une réalité.

Références

NASA. https://sacd.larc.nasa.gov/smab/havoc/

Sur Vénus, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9nus_%28plan%C3%A8te%29

 

 

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