Trump et un éventuel «regime change » à Téhéran

Donald Trump semble pour le moment avoir renoncé à attaquer militairement l'Iran, malgré la haine qu'il professe à l'égard du gouvernement de Téhéran. Sans doute certains conseillers militaires plus prudents que les autres l'ont-ils convaincu que s'il faisait cela, il affronterait directement Moscou, devenu après quelques tergiversations un solide soutien de la République Islamiste.

 

Par contre tous les moyens dont disposent les Etats-Unis pour provoquer un changement de régime à Téhéran (regime change) sont actuellement mis en œuvre. Washington a une longue expérience de la chose puisque c'est ce qu'il avait fait précédemment dans d'autres Etats dont la politique lui déplaisait, le dernier en date étant le Brésil.

La première mesure consiste à renforcer les sanctions contre Téhéran, y compris contre les entreprises européennes qui cherchent à s'établir ou commercer dans le pays. N'y revenons pas ici.

Mais cela ne suffit pas. Les plus hautes autorités américaines, secondées par une diplomatie très active et dépensant à cette fin, apparemment, des sommes considérables, appellent le « peuple iranien à choir par eux-mêmes leur gouvernement » comme si ce gouvernement leur était imposé par des forces extérieures hostiles .

C'est que le Secrétaire d'Etat Mike Pompeo vient de réaffirmer à l'intention de l'opinion publique iranienne :."The Iranian people get to choose for themselves the kind of leadership they want,"

Sa porte-parole Heather Nauert, tout en prétendant que la politique américaine ne visait pas à provoquer un  regime change à Téhéran, vient d'indiquer cependant que tous les mouvements iraniens visant à se débarrasser d'un régime qui a « toujours maltraité son peuple » seraient les bienvenus.

L'Attorney Général de Trump Rudy Giulani a confirmé à l'intention de quelques exilés iraniens que l'Amérique avait un Président aussi convaincu de la nécessité de changement de régime qu'ils l'étaient eux-mêmes. John Bolton ne manque pas une occasion pour se faire lui aussi l'avocat d'un regime change provoqué par les Iraniens eux-mêmes.

Nul ne le dit clairement, mais il est évident que la CIA n'hésite pas à dépenser des millions de dollars pour encourager d'éventuelles dissidences iraniennes. Cela suffira-t-il ? 

 

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