« Liquider sur place » les terroristes

Le 27 décembre 2017, Vladimir Poutine avait ordonné de"liquider sur place" les auteurs d'attentat mettant en danger les forces de l'ordre après un acte terroriste à Saint-Pétersbourg, dans un contexte de menace liée au retour des jihadistes partis en Syrie. Il s'agissait de l'explosion d'une bombe artisanale dans un casier de la consigne d'un supermarché de la deuxième ville de Russie.

 

Si les enquêteurs ont ouvert une procédure formelle pour "tentative d'homicide", Vladimir Poutine a qualifié les faits d'"acte terroriste" lors d'une cérémonie au Kremlin pour des militaires ayant participé à l'intervention en Syrie. Il a demandé que l'on ne perde pas de temps en procédure judiciaire, mais que l'on élimine immédiatement les auteurs d'attentats arrêtés par la police, le FSB.

Une telle recommandation soulèverait l'horreur dans les Etats de Droit européens. Il y faut des mois, sinon des années, pour inculper et condamner les individus convaincus par la police de préparer ou d'avoir commis des attentats. Ceux-ci, ou leurs organisations, financent des kyrielles d'avocats chargés de mettre en défaut, souvent sur un simple détail.

Or la Russie, contrairement à ce que l'on croit en Europe, a toujours été confrontée à des menaces ou a des attentats, souvent meurtriers. D'abord sous produits de la guerre en Tchétchènie, où ils pouvaient à la rigueur se justifier, ils proviennent aujourd'hui de branches eurasiatiques d'organisations telles qu'Al Qaida ou l'Etat islamique (Daesh). Des moyens de plus en plus importants du Service de sécurité Russe (FSB) sont consacrés à la prévention des attentats ou à l'arrestation de leurs auteurs, quand ils sont identifiés.

Ceci s'explique parce que le gouvernement participe, y compris au Moyen-Orient, à la lutte contre le terrorisme islamique. Mais l'essentiel du risque provient des Etats musulmans situés à la frontière de la Russie, tant au Moyen Orient que dans la ceinture dite des « khans »

En 2017, St Petersbourg a subi deux attentats meurtriers, l'un dans un supermarché, l'autre dans le métro. Le FSB indique qu'il a empêché des attaques en série prévues dans cette ville. D'autres étaient en préparation à Moscou.

L'opinion russe ne comprendrait pas que le Kremlin ne demande pas l'emploi de moyens adéquats pour lutter contre ce fléau.

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