Au 25/03, la Russie confirme son appui irrévocable à Nicolas Maduro

Il s'agit d'une information qui paraîtra anodine, mais qui est très importante concernant l'avenir du continent sud-américain.

Au moment où quelques esprits inquiets se demandaient si la Russie engagerait sa puissance militaire pour défendre son allié le président légitime du Venezuela Nicolas Maduro, au cas ou les Etats-Unis attaquaient le pays, non seulement par voie aérienne mais avec des troupes terrestres, Moscou vient d'apporter une réponse définitivement affirmative.

Le samedi 23 mars un transport lourd russe Antonov-124 s'est posé près de Caracas, avec à son bord 99 militaires, 35 tonnes de cargaison et surtout le Général Vasily Tonkoshkurov, chef d'Etat-major des forces terrestres russes et vice-commandant en chef de ces forces.

Le lendemain les forces armées bolivariennes ont averti qu'elles venaient d'activer les batteries d'anti-missiles russes S-300 qu'elles avaient reçu de Russie en février 2019 et qu'elles s'étaient entraînées à manœuvrer avec des instructeurs russes débarqués simultanément.

Ceci donne tout son poids à l'avertissement précédemment donné par le vice-ministre des affaires étrangères russe au préposé spatial américain aux affaires vénézuéliennes Elliot Abrams, selon lequel Moscou ne tolérerait aucune intervention militaire américaine au Venezuela.

On peut légitimement se demander si cette volonté se traduirait par un engagement de troupes russes directement contre des troupes américaines au cas où Washington ne tiendrait pas compte de cet avertissement, situation qui avait été évitée jusqu'à présent au Moyen-Orient compte-tenu des risques de guerre mondiale pouvant en résulter. Réciproquement, on se demandera si Washington courra de tels risques en attaquant le Venezuela, sachant qu'un affrontement militaire avec la Russie deviendrait inévitable, dont les conséquences pourraient être catastrophiques.

Nous pensons pour notre part que Donald Trump, après des semaines de gesticulations militaires,  récemment au Brésil avec la complicité de Jair Bolsonaro, s'en tiendra à ces gesticulations. Il a d'autres soucis qu'ouvrir un nouveau champ d'affrontement, cette fois-cit avec la Russie. Il en résultera que le basculement de toute l'Amérique latine et l'Amérique centrale sous le pouvoir américain ne se produira pas. Le continent sud-américain deviendra une zone de cohabitation forcée, certes, mais pacifique.


NB: Des images satellitaires montrent à ceux qui en doutaient encore le déploiement des missiles russes S-300 au Venezuela.
Source
https://www.zerohedge.com/news/2019-03-25/venezuela-military-deploys-s-300-missiles-following-russian-troop-arrival?mc_cid=4c036a0993&mc_eid=c88862f7f8

Jean Paul Baquiast

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