Le bitcoin de plus en plus criminalisé

Le G20 considère que le Bitcoin est un « crypto-actif » qui ne remplit pas le rôle d'une monnaie. Le terme « crypto-actif » fait alors référence à « des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d'utilisateurs les acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale.

Bitcoin https://fr.wikipedia.org/wiki/Bitcoin

Le bitcoin malgré son caractère virtuel n'offrant aucune garantie à son utilisateur, continue de se banaliser. L'une des raisons de ce succès est qu'il offre des possibilités d'achat-vente à des fraudeurs ou criminels voulant échapper à tout contrôle du fisc, de la douane et de la police.

Dorénavant, de nombreuses sociétés les commercialisent et les « mineurs » ou personne mettant à disposition un ordinateur pour sécuriser les paiements en les traçant depuis leur création se sont généralisés et professionnalisés. Nombre d'entre eux agissant depuis la Chine.

Il existe trois modes d'acquisition de cette monnaie virtuelle : l'achat en utilisant une monnaie légale via une plate-forme d'échanges, la rémunération en bitcoins lors de la vente d'un bien ou d'un service, la production par l'activité de différents développeurs de service.

Les opérations peuvent se faire en espèce, c'est-à-dire en utilisant une monnaie papier particulièrement appréciée par les fraudeurs. Certaines entreprises mettent même à disposition des distributeurs automatiques. Il devient ainsi aisé de convertir les espèces en bitcoins et de récupérer la mise lors de la revente.

De même, le bitcoin permet de procéder de façon anonyme à des achats sur le darknet ou web noir utilisé par les criminels. Il est ainsi de plus en plus fréquemment usité comme moyen de paiement à titre de rançon dans le cadre d'actions de racket. Force est cependant de constater que le point de faiblesse du système apparaît lors de la conversion des bitcoins en espèces via les échangeurs dont beaucoup coopèrent avec les services de police à la suite des réquisitions qui leur sont adressées.

Par ailleurs, l'historique des mouvements de bitcoins (« blockchain »), d'un portefeuille électronique (« e-wallet ») à l'autre est conservé par des sociétés privées. Les détenteurs d'e-wallet sont ainsi identifiables par leur signature électronique. Certaines plateformes de darknet contournent cet obstacle en multipliant les transactions entre e-wallets. Cependant des enquêtes de police un peu approfondies ont permis de saisir des portefeuilles virtuels de bitcoins, produits d'infractions criminelles, crédités sur différentes ewallet

L'usage du bitcoin ne cesse cependant de se développer, une vingtaine de sociétés situées de préférence à l'étranger produisant même des « bitcards » qui, adossées à des e-wallets, permettent d'acquérir des biens ou des services en monnaie virtuelle ou de retirer des fonds dans tout distributeur automatique de billets. De plus, à compter de janvier 2019, les buralistes commercialiseront des coupons prépayés de bitcoins à destination de leur clientèle, fragilisant d'autant le dispositif de traçabilité.

On peut se demander pour quelles raisons les autorités, françaises comme étrangères, permettent ces diverses activités favorables aux activités criminelles. D'autant plus que l'engouement pour la cryptomonnaie génère par ailleurs de nouveaux modus operandi utilisés par les grandes escroqueries internationales.

Nous laissons aux lecteurs de cet article le soin d'apporter leur propre réponse à cette question.

 

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