Stop TTIP! Vous perdez votre temps à pétitionner, bonnes gens. Rien n'arrêtera le TTIP

Il est désormais évident que la Commission européenne approuvera le Tafta (ou TTIP) malgré les oppositions légitimes qu'il suscite. Le parlement européen suivra. Le Conseil européen ne se posera même pas la question. Il approuvera aussi

Nous lisons dans Wikistrike http://www.wikistrike.com/2015/08/1-million-de-signatures-contre-tafta-a-la-poubelle.html

La Commission Européenne a invalidé l'initiative citoyenne de « Stop TTIP » contre le TAFTA qui vient de dépasser le million de signatures. Plus de 320 organisations de la société civile européenne se sont regroupées afin de s'opposer avec fermeté aux traités entre l'UE et les États-Unis (TAFTA / TTIP) mais aussi entre l'UE et le Canada (CETA). Ces millions de voix ne seront malheureusement pas entendues...

2 mois, 1 million d'engagements

C'est du jamais vu. Il n'aura fallu que 60 jours pour rassembler le million de signatures nécessaire pour qu'une initiative citoyenne européenne soit prise en compte par la Commission Européenne.

En effet, selon les règles européennes, une « ICE » (initiative citoyenne européenne) doit recueillir un million de soutiens pour orienter la politique de la Commission sur un sujet déterminé. En théorie, une audition publique devrait être organisée au Parlement Européen. C'était sans compter sur la décision de la Commission aux relents antidémocratiques.

Refus catégorique de la Commission

Les négociations commerciales sont devenues une priorité pour l'exécutif européen qui vient d'opposer une fin de non-recevoir envers la pétition. Pour le million de personnes impliquées, le statut d'initiative citoyenne européenne s'est vu refusé d'une manière unilatérale. Le pouvoir estime que ces initiatives citoyennes sont prévues pour instaurer de nouvelles lois, pas pour contester un texte en cours de législation. En d'autres termes, la contestation n'est pas autorisée. L'association Stop TTIP a immédiatement saisi la Cour de justice européenne.

Un tel mouvement de masse démontre qu'il existe une véritable inquiétude citoyenne au sein de l'Union Européenne concernant ces accords transatlantiques. Selon ces centaines d'associations, les accords représentent un véritable danger pour la démocratie. Nous aurions là le terreau d'une « corporacratie » (si tant est qu'elle n'existe pas déjà), un système de plus en plus gouverné par les multinationales.

Au temps pour nous qui avions signé la pétition Stop TTIP. Aucune des oppositions à l'encontre du TTIP, qui sont multipliées, provenant de tous les pays concerné et de tous les milieux professionnels, n'arrêtera la machine à détruire les Etats européens, leurs législations et leurs services publics. On parle à juste titre des tribunaux d'arbitrage qui mettront en échec le droit pourtant imprescriptible d'un Etat à s'opposer à des mesures dangereuses décidées par les corporations internationales. Mais le TTIP ne se limite pas à cela. Il inscrit de force toutes les sociétés européennes dans un modèle décidé aux Etats-Unis, à Wall Sreet et à la Maison Blanche. Malgré cela les intérêts américains décidés à promouvoir le TTIP ont réussi à convaincre les Commissaires et parlementaires européens, à coup de pressions et d'arguments moins honorables, à s'incliner devant eux.

Les démocraties européennes sont traitées avec le même mépris que celui manifesté à l'égard d'autres opposants à l'emprise américaine, dans les pays victimes des révolutions oranges en Europe de l'Est et en Amérique latine, sans mentionner en premier lieu la Russie, comme l'a montré le parlementaire russe Eugène Fedorov dans un interview que nous avions commenté « La guerre anti-Poutine menée en Russie même par l'Amérique » http://www.europesolidaire.eu/article.php?article_id=1879&r_id=

Le plus grave des procès que l'on peut faire à l'Union européenne aujourd'hui, justifiant ceux qui voudraient en sortir, c'est qu'elle facilite le travail de la machine de conquête américaine. Au lieu d'avoir affaire à 28 têtes différentes, il suffit à cette dernière d'en contrôler une seule, située à Bruxelles.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.