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Billet de blog 29 janv. 2018

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Les oligarques russes et Vladimir Poutine

Israël Shamir est un écrivain et journaliste politique controversé, citoyen israélien d'origine russe, qui s'est fait remarquer par son antisémitisme. Il écrit beaucoup sur des thèmes relevant de la géopolitique. Ses articles sont considérés comme très professionnels, bien qu'à prendre avec un recul nécessaire.

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Nous résumons un de ses derniers écrits « The rich also cry », daté du 26 janvier 2018 publié sur le site américain « alternatif » UNZ.com http://www.unz.com/ishamir/the-rich-also-cry/

Selon l'auteur, la politique nationale et surtout internationale russe est très largement influencée par les oligarques de ce pays. Ceux-ci déjà présents sans doute sous l'URSS, se sont enrichis et multipliés à la chute du communisme, sous Gorbatchev et surtout Eltsine. Du fait de leur accaparement des richesses du pays, ils constituent un poids considérable dont Vladimir Poutine a toujours du tenir compte.
Cependant, Shamir distingue deux catégories d'oligarques, ceux qui dataient de Eltsine qui détiennent leurs fortunes (dite Vieille monnaie money) dans les banques américaines et ceux qui soutiennent Poutine et qu'il protège, dont les fortunes sont qualifiées de Nouvelle monnaie. Ils s'enrichissent à partir des ressources tirées des politiques russes nouvelles, dépenses militaires, investissements dans le Grand Nord notamment. Ils placent cependant, eux-aussi, leurs richesses en Amérique.

Les « sanctions » américaines ont déjà frappé ces placements et continueront à le faire. Ce serait ainsi mille milliards de dollars qui pourraient ainsi être saisis et abonder les ressources du Trésor américain. Mais les oligarques amis de Poutine pourraient être protégés par celui-ci. Il a déjà annoncé qu'en rétorsion, le gouvernement saisirait les parts étrangères dans les actifs russes. Celles-ci n'atteignent pas des montants considérables, mais sont importants pour les intérêts occidentaux. Il laisserait par contre saisir sans réagir les actifs des oligarques qui lui sont hostiles. S'ils veulent protéger leurs avoirs, leur a-t-il dit, rapatriez les.

Les oligarques datant de Eltsine ont conservé leur pouvoirs économiques et politiques. Ils poussent donc Poutine et avec lui la Russie à rentrer dans le rang, c'est-à dire cesser de s'opposer au capitalisme mondialisé et plus immédiatement à Washington (le consensus de Washington). Ils ont fait néanmoins quelques concessions au gouvernement en prenant en charge certaines des dettes russes. Poutine de son côté continue à les ménager, en refusant toutes les décisions pouvant rappeler la politique soviétique antérieure.

Cependant le renforcement de l'hystérie anti-russe ayant saisi le gouvernement américain commence à inquiéter les oligarques détenteurs de la Vieille monnaie. Ils craignent que Poutine lui-même renonce à la politique prudente, sinon complice, qu'il a toujours adoptée à l'égard de Washington, si les fortunes de ces oligarques étaient finalement saisies par le gouvernement américain à titre de sanction. La politique russe, et plus particulièrement celle de Poutine, à l'égard de l'Occident pourrait alors se durcir considérablement.
Mais certains semblent considérer à Moscou qu'il est déjà trop tard pour Poutine et ses velléités éventuelles de durcissement. Le candidat communiste aux prochaines élections Pavel Grudinin pourrait recueillir un tel soutien des éléments nationalistes qu'il deviendrait même s'il n'était pas élu, un opposant à Poutine dont celui-ci devrait nécessairement tenir compte.

Observons en ce qui nous concerne que les oligarques ne sont pas les seules forces politiques dont Poutine doive tenir compte. On citera les militaires ou plus exactement le complexe militaro-industriel russe, complété par les services de renseignement, qui ne peut que profiter des menaces militaires américaines croissantes et qui refusera la moindre concession. On citera aussi les intérêts économiques non oligarchiques qui veulent voir développer le grand Nord et coopérer avec la Chine, notamment dans le cadre du programme OBOR. Celui-ci exclut par définition les intérêts américains. Enfin la puissante Eglise orthodoxe russe, sans être systématiquement ennemie des Etats-Unis, refuse toute soumission à leur égard. Poutine montre en permanence qu'il veut la ménager.

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