Le double mépris

Hier soir Henri GUAINO a exprimé que l’appel au Front Républicain était « un double mépris ». Mépris des électeurs de l’UMP « qui n’appartiennent à personne », mépris à l’égard de ceux qui ont voté FN ! Bien piètre et courte défense du « Ni – ni » sarkozyen.

En 2002, en nous appelant à voter pour Jacques CHIRAC, contre Jean-Marie LE PEN … on aurait pu penser qu’élu par plus de quatre vingt deux pourcent des Français, dont probablement près de la moitié étaient de gauche, le Président réélu conduirait ensuite une politique inspirée par l’ensemble de ceux qui avaient voté pour lui. Sitôt élu Jacques CHIRAC fit comme s’il avait été élu par la seule droite. C’est cela le « mépris des électeurs ».

En 2015, en refusant de voir une différence entre le FN  et le PS, l’UMP a, une fois de plus  exprimé son mépris de ceux, fort nombreux, qui ne voulaient pas voir la quatrième circonscription du Doubs représentée par une élue UMP.

Dire aux électeurs qui ont voté pour son camp, ce que serait, à leur place, le choix que ferait le leader d’un parti, ça n’est, évidemment, pas mépriser les électeurs qui, dés lors, n’auraient plus leur libre arbitre. C’est juste éclairer le débat et se comporter en homme politique responsable … ce que n’a jamais été Nicolas SARKOZY, dont les soucis actuels se résument aux conférences à cent mille euros qu’il va faire le plus souvent possible chez les financiers de l’Etat Islamique, j’ai nommé le Qatar.

Mais dire aux électeurs du FN, « nous ne pensons pas, comme vous, que les idées du FN sont bénignes et que le mécontentement populaire justifie qu’on vote pour leur candidate », ça n’est pas non plus du mépris, c’est au contraire le vrai respect. Henri GUAINO, le grand pourfendeur du laxisme, doit pourtant bien savoir que la franchise est l’ingrédient de base du respect.

Je ne me suis jamais senti bien proche de celui qui rédigea le « discours de Dakar », mais il me semblait, jusqu’à présent, qu’il avait un réel respect de la République. En justifiant ainsi la position strictement politicarde de son chef de file, il vient de rentrer dans le rang, déjà bien trop fourni, de ceux qui n’ont aucune conviction, mais juste des attitudes médiatiques faites de contorsions. Ça n’est pas comme cela « qu’il entrera dans l’Histoire » !

Jean-Paul BOURGÈS 10 février 2015

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